‹ Les origines de la réformeChapitre 158 sur 198 · A. N., Grand conseil, V» 1042, 25 juin · texte numérisé non relu

A. N., Grand conseil, V» 1042, 25 juin

2. A. D., Aube, G. 487492. Rôle des tailles de Tévôché (fin du xv* siècle). Le taux le plus fréquent est 12, 20 den. à 3 s.

3. A. N., X»' 1491, f 121 v^ Procès entre les habiUnts de Soësines et leur seigneur. Celui-ci prendra 5 sous annuels ou « autre taille a Voulenté raisonnable sur ses hommes et subgectz non abonnez ou afTranchiz... » (io mai 1484). — La coutume de Mehun ne permet également au seigneur de tailler ses serfs qu'à • voullenté raisonnable • et avec Un rôle de sa main. Coût, gén.j III, p. 932.

4. Coût, gén.i III, p. 932 (Coût, de Mehun). — La Coutume de Troyes (/rf., p. 238) établit une distinction entre : 1** les serfs taillables à volonté,

une exception. S'il ne disparaît pas encore du sol français, il s'adoucit et recule devant Teffort de ces mainmortables vers une plus grande liberté.

En regard des anciens serfs dont le nombre va diminuant, s'accroît la classe des paysans libres. Censiers, champartiers, métayers, cottiors de Picardie ou de Ponthieu, bordiers d'Ile-de-France, Périgord, Albigeois, fâchiers de Provence, sous ces noms divers se cache la variété de l'exploitation rurale, non la différence de condition. Que ces hommes doivent des services ou simplement une renie, que leur tenure ait pour origine la coutume ou un contrat, ils sont sujets, non serfs. Ils peuvent se marier, tester, acquérir, se déplacer librement. A la fin du xv® siècle, ces massés rurales forment la plus grosse part de la population de la France. C'est à elles surtout que les transformations politiques ou sociales vont profiter.

Que ce mouvement, dans sa forme du moins, soit resté pacifique et légal, qu'il n'ait pas été, comme en d'autres temps, une explosion violente, mais une série de duels judiciaires et de victoires isolées, il n'en est pas moins très profond. Jamais les conflits ne furent plus nombreux, sans cesse provoqués par la confusion des droits, l'absence ou la perte des titres, les efforts contraires des seigneurs obligés de refaire leur patrimoine, des paysans avides de s'affranchir. Maïs dans ces contestations, la classe rurale avait deux avantages. Le premier était l'état de ruine qui rendait indispensable

mais qui peuvent transmeltrc et succéder librement; 2" les serfs de taille abonnée; 3" les mainmortables « en tous biens •« qui ne peuvent laisser qu*à leurs enfants; 4** les mainmortables •> en meubles... et les autres en héritage seulement ». Les enfants nés de mariage mixte ont un droit d'option. — La Coût, de Chaumont renferme des distinctions analogues.

son concours et mettait à haut prix son travail. Le second fut son organisation en communautés et Texistence légale de ces groupes. Elle eut enfin un allié : le pouvoir royal, qui travailla pour lui en travaillant pour elle. Depuis la fin du xui* siècle, en effet, le paysan a cessé d'être uniquement le sujet de son seigneur : il est devenu, lui aussi, le sujet du roi. Désormais, il n'est plus seul. En dehors, par delà les frontières de la seigneurie, il a entrevu la niain secourable qui le relève et lui permet de se tenir debout. Au-dessus du poids oppressif de la coutume, du pouvoir souvent arbitraire de son maître, il voit s'élever une autorité supérieure, indiscutée, qui donne audience à ses griefs. Entre seigneur et sujet, elle est l'arbitre. Le seigneur a dû renoncer à se faire justice, lui-même a un juge. Le sujet peut soutenir ses droits; il a le prince. L'égalité devant la justice.... Qu'on mesure l'importance de ce bienfait. La vie comme les biens du paysan ne sont plus à la merci de son maître. En 1484, les Etats généraux ont proclamé insaisissables son bétail comme ses instruments de travail * ; à leur tour, les parlements appliquent cette doctrine. Dans les conflits entre les manants et les nobles, ils mettent les premiers sous la sauvegarde du roi. Ils ont fait plus encore. Ils n'ont pas seulement assuré l'égalité des droits, mais des forces. En autorisant les communautés populaires à se « cotiser », à élire des syndics pour suivre le litige, ils leur ont permis de lutter à armes égales contre ce patronat seigneurial dont elles essayaient de s'affranchir. Nulle défense plus efficace, que cette protection de la justice royale, ne fut mise aux mains des paysans ^.

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