A. N., XI* 1500, r 231 V" (8 juin U
2. A. M., Orléans, CC. 566, f 23, f. 272 (1512-1514). — Ces salaires sont ceux du règne de Charles Vil ((^f. Mantellier, ouv. cit,). Nevers j CC. 82 f- 7, 8 (1506-1507). Amiens, CC. 90 (1513).
3. A. D., Rouen, Comptes de l'archevêché. G. 681 (Louviers). Cf. G. 470, 472. 485, 492, 495, etc. En 1475, ces « dépens • sont comptés â 12 d^ par jour. —A Auxerre^ les prix du travail à la journée sont analogues.
des causes, des circonstances locales qui ont pu agir sur leur taux, la plupart restent fixes. Ils oscillent entre 2 et 3 s. pour les hommes de peine, 3 s. 6 d. et 5 s. pour les maîtres.
Assurément à ce taux, même en 1518, le salaire semble encore suffisant. A 3 sous par jour, le salaire annuel monterait à 54 livres 5 sous. Mais ce chiffre n'est lui-même qu'une apparence. Il faut enlever au gain de l'ouvrier les jours de repos : les dimanches, les grandes fêtes, les solennités de Notre-Dame, des apôtres, des patrons de la paroisse, de la confrérie, les jours de l'an et des morts, les vigiles ou les lendemains d'une foule de fêtes. Grâce à ces chômages forcés établis par la coutume ou pour la loi, un quart de l'année au moins est enlevé au travail : c'est, sur le salaire total, un quart de perte sèche. Ce n*est pas tout. Si le salaire journalier est bien plus élevé que le salaire annuel, l'ouvrier engagé à Tannée est sûr de son travail et de son argent. Embauché à la journée ou à la semaine, il a tous les risques du chômage, du non-travail, du renvoi, de la maladie. De ce chef, c'est une partie encore du salaire qui s'évanouit : on voit ce qui reste du salaire vrai — en moyenne, la moitié ou un peu plus du chiffre nominal, en l'espèce 18 à 20 deniers, en supposant que l'artisan travaille encore plus qu'il ne chôme et qu'il ne subisse, par son fait, aucune réduction.
Ce salaire, l'artisan a-t-ilau moins quelque chance de l'accroître? Lui reste-t-il entier? — Mais il se heurte d'abord aux réglementations des villes qui s'efforcent, avec une énergie rare, de maintenir le prix du travail et le prix de la vie. En 1518, les charpentiers, maçons, vignerons de Lyon ayant voulu « aulcer le prix de leurs journées », les bourgeois s'adressent au conseil et réclament une taxation immédiate ^ Surtout, c'est l'organisation corporative qui pèse de tout son poids sur l'artisan. Elle ne se borne pas à lui rendre presque impossible l'accès de la maîtrise^ elle lui défend tout espoir