‹ Les origines de la réformeChapitre 169 sur 198 · A. N., X*' 127, r 3 (22 déc · texte numérisé non relu

A. N., X*' 127, r 3 (22 déc

2. Nombreux exemples dans les statuts corporatifs. La taxe la plus ordinaire est 1 d. par semaine; la somme à payer annuellement, dans certaines confréries, est de 20 d.

3. A Angers, par exemple chez les tailleurs, le droit d'entrée est de 5 s., moitié à la confrérie, moitié aux compagnons. A. N., JJ. 211, n" 262 (fév. 1486).

4. La limitation du nombre des ouvriers résulte de la limitation du nombre des apprentis et des mesures prises contre les forains. Mais, dans quelques statuts, elle est formulée expressément. D*autres corporations, par exemple les épingliers de Lyon, obligent les ouvriers, avant d'être embauchés, à justifier quUls ont fait un apprentissage

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cette masse flottante d'ouvriers libres, ceux qui se louent à la semaine ou au mois, même à la journée, nomades allant de ville en ville, là où l'afflux des étrangers, Téclat d'une fôte, le concours d'une foire provoquent la surproduction et appellent le travail. A la fin du xV siècle, par suite même des agglomérations urbaines, des facilités plus grandes des communications, le nombre de ces « forains » augmente. Il suffit de lire attentivement les statuts des corporations pour voir, aux règlements qu'elles énoncent, l'importance nouvelle de cette classe de travailleurs. Contre eux se multiplient les précautions. Quelques métiers, comme les mégissiers de Caen, leur interdisent tout travail, d'autres ne les autorisent à ouvrer que huit jours; après quoi ils recevront un salaire suffisant ou un secours pour aller travailler ailleurs. La plupart permettent un séjour prolongé, mais les conditions imposées sont telles que souvent cette tolérance est une interdiction de fait. Le « forain » est tenu d'avoir travaillé pendant deux ans au moins dans une ville de loi; au delà d'une semaine, il doit payer un droit d'entrée ou de bienvenue. Or, ce droit, léger dans certains métiers, de 2 ou 5 sous, atteint chez d'autres des chiffres plus considérables. A Angers, chez les boursiers, gantiers, gibeciers, etc., le valet qui n'a pas fait son apprentissage dans la ville est tenu de donner 10 livres de cire, 10 s. t. à la « justice » et un dîner aux maîtres; à Amiens, chez les hauteiisseurs, l'entrée est de 3 livres*. Autant exclure l'étranger. On comprend qu'à ces

(JJ. 231, n** 279). A Paris, un foiirbisseur ayant pris cinq ouvriers esl obligé, par arrêt de justice, d'en congédier quatre (Tuetey, ouv. et/., n" 1027, 5 mars 1505).

1. Voir, par exemple, les mégissiers ù Caen. I/ouvricr étranger ne peut travailler que huit jours à moins de payer une « bienvenue • de 5 s. t. moitié aux gardes, moitié à la confrérie (A. N., JJ. 217, nov. 1487). Dans un grand nombre d'autres corporations, le forain est soumis à cette taxe de 5 s. t. s'il veut s'établir; par exemple, les tisserands, il Dun-le-Roi (le forain paye en plus 2 s. 6 d. aux compagnons). A Bourges, chez les teinturiers, il est interdit d'employer les forains plus de quinze jours (A. N., JJ. 222, n** 49).

conditions, le « forain » ne se fixe pas. Tout le résultat de ces règlements est de le chasser vers les grandes villes, Paris, Lyon, Rouen, là au moins où sa présence est tolérée, où il est sûr de trouver du travail, où ses offres permettent aux maîtres de diminuer les salaires en opposant la main-d*œuvre étrangère à celle de l'habitant.

Par toutes ces charges, ces réglementations, ces incertitudes, on devine les difficultés croissantes qu'éprouve l'artisan à gagner sa vie. Aussi bien, à la On du xv^ siècle, un salaire moyen de 20 à 24 deniers est-il à peine suffisant à le faire vivre, à faire vivre sa famille; après 1500, le même salaire est certainement trop faible ; après 1515, il accule l'ouvrier à la mendicité ou à l'emprunt. Eux-mêmes Taffirment dans leurs réclamations : à Tours, à Rouen, où l'accès de la maîtrise peut seul les sauver de la misère; à Lyon, où les valets tailleurs empruntent pour vivre sur les habits qu'ils font'; presque partout enfin, où le nombre des amendes infligées nous montre l'impossibilité, pour les travailleurs, de se soumettre aux règlements corporatifs. Ils les violent en travaillant en secret et à leur profit.

Cette insuffisance du salaire et cette instabilité d'une partie de la classe laborieuse donnent déjà, dans les grandes villes, une singulière acuité à la question du paupérisme. Ce n'est pas que cette société ait essayé de la résoudre, elle chercha au moins à l'adoucir.

Dès le milieu du xv siècle, l'Eglise avait vu un remède à cette misère grandissante dans l'institution et le progrès des confréries. Pendant toute la fin du Moyen âge leur nombre se multiplie. Chaque corporation a la sienne, obligatoire pour tous les membres, entretenue des deniers des maîtres,

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