Fournier, 1, n* 860 (1" fév
surveillance de l'échevinage *. Il a réformé Tuniversîté d'Angers en 1494. A Caen, en 1521, à la requête des bourgeois, c'est également une intervention parlementaire qui réforme la faculté de droit et décide du nombre de chaires et de la nature de l'enseignement^. Avec un pareil système, il n'est pas jusqu'aux doctrines elles-mêmes qui ne soient soumises à ce contrôle indéflni. En 1486, le Parlement intervient dans les querelles soulevées à la Sorbonne par les thèses d'un jacobin, Luillier. 11 ordonne que ce dernier soit reçu à la maîtrise, mais retire ses propositions, fait porter au greffe les livres (( reprouvez, condamnez ou sentans héréeic » et adjoint des commissaires à ceux de la faculté pour en connaître^. Cette fois, c'est bien l'autonomie intellectuelle qui est en cause. Le Parlement s'érige en arbitre de la doctrine. Nul arrêt ne montre mieux les prétentions, les empiétements de cette puissance judiciaire qui aspirait à tout diriger, ayant réussi à tout envahir.
Si graves cependant que soient ces changements extérieurs et publics, ils le sont moins encore que les transformations intérieures et cachées. Dans cette période de leur histoire, les universités ne voient pas seulement se restreindre leurs privilèges; leur régime se modifie. Comme l'Eglise, elles s'adaptent à leur milieu et à leur temps.
Contre ces influences dominatrices, elles ont été désarmées par leur nombre même, cause de leur faiblesse, par ces difficultés matérielles où les ont acculées la guerre, la ruine générale, la disparition de leurs revenus. Si nous parcou-
1. A. N., X»" 1509, f» 20U v (16 juil. 1504). /</., ibid,, 1515 (18 fév. 1513). — Déjà en 14U4, le Parlement avait ordonné la réforme de runiversité d'Angers (Fournier, 1, n" 490, 17 avril). — En 1503, c'est la ville même qui demande des statuts au Parlement (A. M., Angers, BB, 13, T 46 v, n févr.).