‹ Les origines de la réformeChapitre 182 sur 198 · Fournier, 111, n · texte numérisé non relu

Fournier, 111, n

Quant aux écoliers en droit, ils ne s'en tirent pas à moins de lo à 20 écus. Mômes dépenses à Angers, Bordeaux, Caen, etc. *. A Toulouse, à la suite des efforts des maîtres pour élever les droits, le parlement est obligé d'intervenir, mais chaque licencié n'en est pas moins tenu de payer 15 écus, chaque docteur 30 écus d'or, et de « pourvcoir aux docteurs préseiis de dragées, confitures, espices et vins nécessaires » *. Le système peut mener loin ; à Paris, notamment, où le doctorat en médecine ne coûte pas moins de « cinq à six cents livres » '. Aussi bien, avec les collectes dues aux maîtres, l'inscription sur le rotulus^ les droits annuels payés aux bedeaux, pour la librairie, les frais de logement ou d'entretien chez un régent ou un pédagogue, on voit ce qu'il en coûte de passer cinq à dix années dans l'Université. Le jeune homme qui n'a point derrière lui les réserves paternelles, le clerc qui est dépourvu de bénéfice, est exclu, en fait, des hautes études ; s'il les aborde, il est réduit à mendier, à'servir, à voler pour ne pas mourir de faim.

Jadis, dans ces barrières fiscales qui se dressent en face du pauvre, Tinstitution des collèges avait permis d'ouvrir la brèche, d'assurer au misérable, intelligent et actif, Tespoir d'un sort meilleur. Mais multipliées au xni*, au xiv© siècle, ces fondations pieuses sont alors en décadence. Beaucoup

1. A Angers, dans la faciillê de médecine, les droits montent h 10 écus d'or, 30 s. t. et un dinar pour la licence; pour le doctorat, à 40 écus, 30 s. t. sans compter les cadeaux, à peu près 100 livres. — A Poitiers, dans la faculté de théologie et sans doute de droit, les frais montent à 1, U, 18 écus. Aux débuts du xvi* siècle, les taxes pour la licence en droit s'élèvent à 17 écus et 20 s. t. et un diner allant jusqu'à 5 livres. Fournier, ouv. cit., 1, n" 488 (15 mars 148i); 111, n" 17G7 (10 avril 1504). Les frais étaient moins élevés pour les arts.

2. /(/., iOid., \, n'* 858. Les droits sont fixés par arrêt du parlement (13 sepL 1470).

3. A. N., X** 4847, f- 554 v". Procès de la faculté contre deux médecins qui sont allés prendre leurs grades à Montpellier. Ceux-ci répliquent que « Testude de la médecine estoit petit à Paris ■ et coûteuse (6 août 1500).

ont été ruinées par les guerres*. Si quelques-unes, comme le collège Montaigu, à Paris, sont restaurées à la fln du XV* siècle, nombre d'autres n'ont que des revenus insuffisants. Quant aux fondations nouvelles, elles comptent à peine, tant elles sont rares, et le nombre des bourses est limité. On a pu remarquer que sur 50 collèges et 680 bourses créés de 1200 à 1500 dans l'université de Paris, 5 collèges seulement et 24 bourses ont été institués au xv*" siècle *. Des faits analogues nous sont signalés dans les provinces. De 1450 à 1500, un seul collège est créé à Toulouse, celui de Foix; deux sont établis à Caen, un à Montpellier, un à Poitiers, un à Cahors; le total des bourses s*élève à 62*. Voilà la part des libéralités qui permettent aux pauvres de s'instruire. — Ce n'est pas tout. De par les statuts, grâce aux réserves que le fondateur ou ses héritiers ont introduites, il n'est pas sûr que ces bourses soient données à des indigents. Presque toujours le patron a gardé le droit de choisir le principal, les maîtres, et aussi les boursiers eux-mêmes.

1. Thurot, ouv. cil., p. 130. — Nous trouvons dans un procès plaidé en 1469, entre le chancelier de Paris et les boursiers du collège d'Autun des détails intéressants sur cette décadence. Le collège a perdu la moitié de ses revenus : il n'a plus que 10 à 12 membres au lieu de 17. La situation est la même ailleurs. Le collège de Boissy a été transformé en taverne (A. N., MM 337, f"' 6, 11, 31, 35 V). — Le collège Montaigu a été restauré aux débuts du xvi* siècle, grâce aux libéralités de Graville et à l'administration de Standonc. 11 est réformé par le cardinal d'Amboisc. Avant cette époque il était ruiné (A. N., LL. 128, p. 419, 30 janv. 1503) « ipse... admiraldus et Standontz... collcgium penitus dcsolatum in ruynaque posit|pi ac redditibus destitutum repara verunt •.

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