Spont, La milice des francs-archers
la levée d*un homme par 80 feux, en Languedoïl, Guienne, Languedoc, Normandie, Forez, Beaujolais. Ce recrutement devait assurer au roi une infanterie de 25000 hommes ^ Mais l'opération ne donna pas les résultats attendus ; quatre ans plus tard, elle fut abandonnée. Le roi demanda alors des
sommes fixes aux Etats pour payer des engagements individuels. Il réunit ainsi 24 000 piétons^. Mêmes mesures en 1494. Évidemment, on tâtonnait. En 1503, le maréchal de Gié avait élaboré le plan d'une infanterie recrutée par les contingents militaires des fiefs; ce système devait donner 20000 hommes de troupes permanentes. La disgrâce du maréchal fit échouer son dessein '. En 1513, le roi décida la levée de 22 000 hommes de pied divisés en 44 enseignes, destinés à défendre le pays*. Cette armée improvisée ne réussit pas à organiser la résistance. Il fallut, à Dijon, acheter la retraite des Suisses et couvrir la frontière de Languedoc avec les lansquenets. En réalité, la France se refusait au service personnel. Les Etats de 1484 avaient entendu, sauf en cas d'imminent péril, le faire retomber sur la noblesse : la bourgeoisie et le peuple ne se souciaient pas d'ajouter à l'impôt fiscal celui du sang. S'ils acceptent de faire le guet, et à certains jours, le marchand, le petit patron, l'artisan, le laboureur se refusent à quitter leur travail ou leurs affaires. En 1513, quand il s'agit d'organiser la défense du Dauphîné, la ville de Grenoble ne peut réunir son effectif. Le premier bien que ces bourgeois devaient à l'unité était la paix et ils n'applaudirent aux con-
i. B. N., Fr. 25716, n* 56. Le roi aux élus d'Angoumois. Le roi avait appliqué d'abord la mesure en Normandie et Picardie. Il Tétend à tous les bailliages (!*' juin 1486). La levée coûte 180 000 livres pour 12 000 hommes.
2. /rf., ibid., n° 100. Le roi aux élus de Caen (15 fév. 1491). Les Étals de Normandie votent 20 000 livres pour Tentretien de 2 000 hommes et leur équipement.
3. De Maulde. Procédures politiques du règne de Louis XII (Doc. inéd.j, p. 87, 94 (août et sept. 1503).
4. B. N., Fr. 25719, n" 209. Le paiement de ces 22000 hommes monte à 100 000 livres (5 oct. 1513).