‹ Les origines de la réformeChapitre 58 sur 198 · Isambert. XI, p. 522, a. 20. — Id,, p · texte numérisé non relu

Isambert. XI, p. 522, a. 20. — Id,, p

5. Catal. des Actes de François /•', I, n* 163. Le roi compléta cette mesure en réclamant en juillet 1515 un état exact des revenus des villes (?(/., n* 310). Cette mesure soulève d*unanimes protestations,... un grand nombre de villes intéressées en appelèrent au Parlement. Le roi écrivit à la cour de juger sommairement et voulut que les lettres de don fussent maintenues (A. N., Xi* 9322; 3 mars 1518). La plupart des contrôleurs cependant furent supprimés.

Par les municipalités, on tient la bourgeoisie. Mais pour achever cette conquête sociale, il faut encore étendre ses prises sur les forces populaires. De ces forces, les unes, communautés de village ou de paysans, sont alors inoffensives. Isolées, éparses, placées sous la dépendance directe du roi ou des seigneurs, tenues en respect parles (( ordonnances », les gens de justice et les nobles, elles n'offrent aucune résistance. Les autres, artisans ou menu peuple des villes, sont redoutables . Leur agglomération , leur instabilité , leur misère même sont un péril. Tels des matériaux inflammables accumulés et qu'une étincelle suffit à embraser. Ce sont ces forces qu'il faut avoir et, pour les avoir, il n'est qu'un moyen : les organiser et mettre ces organismes professionnels sous la main du roi.

Aussi bien, par intérêt comme j>ar principe, la royauté estelle favorable aux progrès du régime corporatif. Louis XI, le premier, a érigé en système cette organisation du travail. Il intervient, en personne, pour obliger les métiers libres de Tours, ceux du Mans, ceux de Clermont à s'organiser en corporations. Dans une foule de centres, les officiers royaux prennent Tinitiative du mouvement'. C'est que la corporation est une réglementation. Rien de plus conforme aux vœux des pouvoirs publics. Fixer le petit patron dans sa ville, à son échoppe, grouper autour de lui les ouvriers ou les apprentis, supprimer les assemblées générales des uns et des autres et confier le gouvernement à trois ou quatre gardes élus, faire du travail une carrière où on s'é-

i, A. N., JJ. 222, n« 302 : • Le roy... a voulu et ordonné que tous les mesliers d'icelle ville... fussent jurez... • Pour Clermont, cf. Hauser, Ouvriers du temps passé, p. 8, Paris, Alcan. 1898. A Chartres, en avril U84, ce sont les officiers royaux qui proposent eux-mêmes la réglementation pour • éviter aux grans abuz et inconvéniens qui de jour en jour se commectent ». (A. N., JJ. 210, n* 235.)

lève peu à peu, par le savoir ou par l'épargne, donner au métier une existence légale et un rang social; forcer ainsi les artisans à être laborieux, honnêtes, paisibles, conservateurs de Tordre de choses établi parce qu'ils y prennent place; voilà les services qu'on demande à l'organisation nouvelle. Ainsi comprise, la corporation est un élément de paix. Elle peut remplir encore d'autres services publics, comme à Paris, contribuer au guet et fournir des contingents à la milice locale; comme à Beauvais, en 1512, s'imposer pour la défense des villes et offrir des canons*. Elle peut être enfin une unité fiscale. Des droits payés pour la maîtrise, le roi aura sa part, le tiers, la moitié, suivant les cas*. Dans cette extension du régime corporatif le pouvoir central n'a que des bénéfices et, à mesure que le système se répand, son ingérence se multiplie.

Dès la seconde moitié du xv* siècle, c'est d'abord une règle qui se généralise que nulle corporation ne s'établisse sans l'aveu du roi. Partant, dans chaque ville, c'est devant les officiers royaux, souvent même par les officiers royaux qu'est rédigé le statut corporatif. A Paris, Louis XI a institué le garde de la prévôté, Robert d'Estouteville, (( commissaire et réformateur général sur le fait et gouvernement des mes tiers et marchandises ». En vertu de ce titre, ce dernier prépare et approuve les règlements'. Même intervention du bailli ou sénéchal, du procureur, de l'avocat du roi dans la plupart des villes : Lyon, Rouen, Amiens, Bordeaux, Dijon, Tours, Angers, etc. *. Naturellement, les officiers royaux

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