Isambert, XI, novembre 1508, art. 51-72, p. 546 et suiv
5. Sur le désordre des gabelles en Languedoc, cf. Spont, Semblançaj/, p. 57. -- Bonrqoqne, A. I)., Côte-d'Or. B. 11179. Ordre de Louis XÏI qui réglemente l'usage du sel dans les divers bailliages. — Anjou, A. M., Angers. BIL U, f" 62, 70. Lett. du roi et envoi de commissaires (1509). En 1511, le roi établit à Ingrandc, aux limites de la Bretagne,
favorisa enfin la liberté de la vente en enlevant aux villes ou aux particuliers le monopole du « fournissement ». Le commerce du sel devint libre, sauf les droits de l'Etat; les marchands furent admis à vendre « à tour de papier » et chacun d'eux put abaisser ses prix au-dessous du tarif légal *.
Si imparfaites qu'elles fussent, ces mesures ne furent pas inefficaces. Le produit des aides et gabelles s'élève, aux débuts du XVI® siècle, lentement d'abord, par suite des mauvaises récoltes et des maladies, do 1498 à 1503, plus rapidement de 1503 à la fin du règne. L'équivalent du Languedoc croît de 88167 1. 10 s., en 1499, à 90092 1. 10 s. en 1502, à 101 790 livres en 1508. Même progression dans les produits de la rêve de Lyon, de la ferme du tirage du sel, qui transporte 1950 muids en 1501 et 2100 muids en 1511 *. En 1514, les aides et gabelles dépassent 900000 livres. Non moins que la réforme du domaine, leurs plus-values permirent au roi de demander moins à l'impôt direct et de ramener peu à peu la taille au chiffre des Etats généraux.
Telle avait été la grande pensée du règne. Diminuer la taille
le grenier des Ponls-de-Cê (B. N., Fr. 5093, f 239). La réforme fui reprise, sous François 1", en 1518 {Catalogue des actes de François /•'% n" 844). — Picardie. A. N., Z*' 38, f" 68. « Le pais... a esté en ung merveilleux désordre et y a la Court par cy devant pourveu en partie » (11 février 1512).
1. Il y eut des suppressions partielles, par exemple à Soissons en 1506 (A. N., Z»' 34, r 192, v«). A la suite d'une délibération du Conseil, probablement en 1500, le roi ordonna que « toutes personnes seroicnt reçues à mectre et descendre sel esd. greniers et en iceulx le vendre à tour de papier et au rabaiz. » B. N., Fr. 5093, f" 173. Déclaration conforme du proc. g" à la Cour des aides en 1511 (Z'* 37, r 31).
2. De 1501 à 150i, le roi est obligé d'accorder de nombreuses remises aux fermiers. A. N., Grand conseil V^ 10 i2, 13 déc. 1503. Id., 27 août, 14 déc. 150i. Malgré ces remises, les aides montent peu à peu. Sur les équivalents, cf. Ann. du Midi, 111, 1891, Spont. L'équivalent aux aides en Languedoc de 1450 à i5f5. Sur la rêve et le tirage du sel : Semblançay, p. 50. En Dauphiné, de 1507 à 1513, la plupart des péages et gabelles sont également en augmentation. A. D., Isère. B. 3053. État du domaine des cliûlellenics.
l'absolutisme. 195
était « soulager d le peuple. Un gouvernement ne résiste guère, quand il est sage, à cette tentation. Charles VIII lui-même, dans ses dernières années, avait promis cette réforme. Louis XII y pensa toujours. Dès le début de son règne, il renonce au don de joyeux avènement et octroie à ses sujets, sur le dernier quartier, un rabais de 2 s. par livre. De 1498 à 1501, s'il ne peut modérer la taille, il la maintient à peu près au même chiffre, un peu supérieur à 1 900000 livres. Pour faire face, il est vrai, aux deux expéditions du Milanais, ces ressources étaient insuffisantes... Le roi préféra lever un décime sur l'Eglise et une contribution sur Milan. En 1503, au moment de la guerre de Naples, il dut établir une crue de 288105 livres*. Mais, la guerre finie, il revient à sa politique. Il annonce lui-même, avec la paix, rère des diminutions. En 1505, les commissaires aux États du Languedoc parlent de 1813224 livres. En décembre 1506, ils déclarent que le roi « a mieulx aymé soy restreindre » et qu'il réduit le principal de la taille à 1 500 000 livres « qui est moindre somme que Tannée passée' ». Toutefois une crue de 600000 livres fut encore nécessaire, il fallait payer les frais de l'expédition de Gênes. En 1507-1508 le chiffre principal est suffisant. Le roi a pu faire un rabais de « trois sols cinq deniers maille et picte par livre ». Les anticipations ont cessé, l'équilibre est établi
et la taille est enfin revenue au taux voté par les Etats.
Des remises, des dégrèvements allégèrent encore ce fardeau des provinces. Par des revisions partielles de feux, en Rouergue, en Dauphiné, en Languedoc, le roi améliora encore la répartition '. De tous côtés, les charges publiques
1. Spont, Semblançay, p. 32-3 i. — Mandemenls. B. N., Fr. 26107, n* 289. ic/., 26108, n» 454 (les commissaires aux États du Languedoc).