LA PRODUCTION ET LES ECHANGES
I. État économique de la France à la On du Moyen âge. — Son relèvement dans le dernier tiers du xv* siècle. — 11 s'accélère aux débuis du XVI*.
11. La renaissance agricole. — Les défrichements. — Accensements individuels et colonies rurales. — Extension de la culture : la vigne, le blé.
UL La renaissance industrielle. — Comment elle est favorisée par Tunilé politique. — Principales industries françedses. — La draperie. — Les métaux. — L'imprimerie. — Les industries d*art.
IV. La renaissance commerciale. — Multiplication des foires et marchés. — Amélioration des voies commerciales. — Vœux des États pour la liberté du transit. — Réduction des douanes intérieures et des péages.
V. Progrès du commerce maritime. — Rapports internationaux créés par le système des États. — Les traités de navigation et de commerce. — Ouverture des territoires. — Répression des lettres de marque et de la piraterie. — Tendance à une politique libérale.
VI. L'activité économique du royaume aux débuts du xvi* siècle.
LA fin du Moyen âge n'est pas seulement une époque de centralisation, elle ouvre une ère de prospérité. Ravagée, dépeuplée, ruinée par la guerre de Cent ans et les guerres féodales, la France se relève. Le premier, Charles Vil a commencé à panser ses plaies. Louis XI travaille à ranimer
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l'industrie et le commerce. Mais son œuvre politique retarde l'œuvre économique. Il laisse la France appauvrie « presque au désespoir ». A* la fin de son règne, le progrès intérieur n'est que partiel. Le Languedoc est en une u inestimable pouvreté, calamité et misère » ^ En Normandie, en Bour gogne, une foule de villages sont encore détruits, en Cham pagne, nombre de terres sont incultes*. Dans le Sud-Ouest, la campagne est si « ruynée et dépopulée » qu'elle semble plutôt (( un désert qu'un florissant royaume » et la demeure (( des bestes que des hommes »'. Bref, partout la culture a reculé. Les bras manquent. L'arpent de vigne ou de pré qui sous Charles VI s'accense à 2 s. par., vaut à peine 12 d. par., en 1471, et, commele prix du cens, celui de la terre s'est notablement réduit*. Pareillement, la plupart des villes sont dépeuplées. A Auxerre, de 1 034 feux à la fin du xiv siècle, la population est tombée à 1028 en 1478. Sens est « dépopulée », Agen est « tout en friche », Poitiers « vague et mal peuplé », Angoulême « discontinué ». A Nîmes, même en 1498, la moitié des maisons sont videset l'enceinte tombe en ruines*. Il fallait au pays le bienfait de la paix intérieure et de l'unité pour prendre son essor. Avec Charles VIII, l'œuvre de relèvement est générale. Sous Louis XII, elle s'accélère, favorisée par une administration meilleure, une sécurité plus grande, une fiscalité moins lourde. Comme les forces politiques, les
1. Languedoc, Hist. de Languedoc, XH, p. 222. Remontrances des États de Pé/.enas (mai 1482).
2. Normandie. Masselin, Journal^ p. 674. En 1481, Tacre de terre qui se fiefTait jadis à 4 sols n'est fielTê encore qu'à 8 deniers (A. D., Seine- Inférieure, G. 427. Saint-Nicolas). — Champagne. A. N., JJ. 230, n** 180. Lettre de Charles Vlll pour Sézanne (1484).
3. Cf. B. N., 25716, n" 3. Jugerie de Rivière et Verdun (29 sept. 1483).