‹ Les origines de la réformeChapitre 92 sur 198 · Seyssel, Hist. de Louis XII j p · texte numérisé non relu

Seyssel, Hist. de Louis XII j p

3. Sur Texportation des vins en Anglclerre, nolamment, nous trouvons des renseignements intéressants dans les Calendar. Henry Vlll, Letters and papers (1509-1514), n'^ 5233; 1515-1516, n° 575, 583. etc. L'importation de vins, de juin à octobre 1515, d'après les licences accordées, s'élève à 9 500 tonneaux. Nantes était un des centres de l'exportation des blés

comptoirs à l'étranger. Ils paraissent aux foires de Francfort, ont leurs courtiers à Lûbeck, Londres et Lisbonne. Nos armées les trouvent déjà établis en Italie : en 1489, c'est un marchand de Lyon, Comte, qui a centralisé à Naples la pelleterie du Levant*. Le cabotage entre l'Espagne, la Guienne et rAngieterrc, encore aux mains des Espagnols à la fin du xv** siècle, passe peu à peu à nos navires. Enfin si l'Espagne et le Portugal nous devancent sur la route des Indes, nous aspirons à occuper celle de TOrient. La France songe à s'affranchir des Vénitiens, ses intermédiaires et ses rivaux. A la fin du Moyen âge, elle a repris le rcve économique des croisades, la domination de la Méditerranée, le contact direct avec l'Islam. Déjà sous Charles Vil, Jacques Cœur a créé une flottille destinée au commerce de l'Egypte. Louis XI a renoué des relations avec le bey de Bône. En 1482, il a voulu créer une véritable compagnie marchande au capital de 100000 l. Charles VIII songe à s'entendre avec Bajazet. Sous Louis Xll, dès 1508, notre rupture avec Venise nous permet de reprendre nos relations commerciales avec l'Egypte et de préparer un traité avec le Soudan (1510) *. Les guerres d'Italie même ne répondirent pas seulement à des rêves de domination ou d'aventures, mais au besoin qu'avait la France d'être maîtresse d'une des grandes mers. Au monopole commercial des Portugais ou des Espagnols, elle ne pouvait plus opposer (jue le monopole des routes du Levant. La prospérité générale, celle de nos villes industrielles ou

pour rAngletcrre et l'Ecosse. Bordeaux et Rayonne sont en relations directes avec I^ndres, Bristol, la Hollande. Elles y envoient des chargements de blés, de vins, de pastel. Cf. A. 1)., Gironde E. 170, f" 102, 417, 172. — Arch. municip. de Rayonne^ t. I, n» 97, p. 321, 339.

1. Une partie des denrées du Levant sont centralisées à Francfort et de là passent en France. A. D., Hérault, Doléances des États de Languedoc, 1, 252-267. — A. M., Lyon, BB. 19, V 202 v«.

2. Revue de l'Orient latin, I, 445-451. Spont, La France et VÊgtfpte au début du XVI* siècle. Le roi Ht publier en 1511, dans les principales villes de France, les lettres du Soudan (Lyon. A. M., BB, 28, f" 277, 4 mai).

marchandes, fut la conséquence de ce mouvement. De ces villes, trois surtout, Bordeaux, Marseille, Lyon deviennent les entrepôts de la France. Louis XI a compris leur importance et accru leurs privilèges : de la première, il a fait le centre de nos échanges avec l'Angleterre; de la seconde, en dépit des souvenirs d'Aigucs-Mortes, notre grand port ouvert sur rOrient; de. Lyon, la ville ecclésiastique du Moyen âge, la cité industrielle et commerçante de la France moderne et, comme Venise, Francfort, Baie, un centre européen. Autour d'elles, comme autour de Paris, la capitale politique et intellectuelle, gravitent les centres industriels et marchands : Nantes, Rouen, Tours, Amiens, Dijon, Montpellier, la Rochelle, Bayonne, Dieppe. En 1517, François I" fait commencer les travaux du Havre de Grâce. Ainsi, par tous ces canaux, circulent la prospérité et le bien-être. La France s'enrichit. Les étrangers comme Machiavel le voient et le disent. Ils sont frappés de la fertilité de son sol, de ses facultés de travail, de l'étendue de son commerce*. A la même époque, il est vrai, une autre nation, TEspagne va nous devancer sur cette route de la fortune; sa richesse va se faire de toutes les richesses du Nouveau monde. Mais si elle trouve l'or, la France le crée. On peut prévoir, dans le duel formidable des deux puissances, l'issue de la lutte. Les prodigieuses ressources de l'Espagne ne la sauveront pas de la ruine : malgré ses longues crises intérieures, la France gardera son trésor plus modeste, car elle l'a amassé lentement par son épargne et par son travail.

1. Cf. également Jean d'AutoR, Chron., HI, p. 352 et IV, p. 26.

Page 1