‹ Les origines de la religionChapitre 108 sur 219 · IV. — VENUS IN CALAMIS · texte numérisé non relu

IV. — VENUS IN CALAMIS

‘bas-fonds humides, à l'abri des grands vents qui dessèchent, lui étaient spécialement consacrés, parce que la végétation déployait là, plus particulièrement qu'ailleurs, une exubérance de richesse et une variété dé production de nature à impressionner l’imagination et à la convaincre davantage de la puissance génératrice de Ia terre. L’artémision éphésien était situé au pied d’une montagne et à la tête d’un marais, bâti même en plein sol marécageux : in solo palustri. Pline, qui nous à laissé une description de ce temple, tel qu’il avait été reconstruit par l'architecte Chiromocrate, croit qu’on choisit le marécage comme moins exposé aux tremblements de terre, ce qui n’est qu’une explication de fantaisie." Sous le temple avaient été creusées des caves profondes, qui, d’après Philon de Byzance, cité par Tournefort*?, n'auraient eu pour objet que de faciliter l'écoulement des eaux descendant de la colline, comme s’il n’eût pas été plus simple ét moins coûteux, en supposant que telle füt la destination de ces caves, de détourner les eaux en question dans le Caystre au moyen de canaux de dérivation. D’autres auteurs ont vu dans ces travaux souterrains un labyrinthe , ce qui dut bien être effectivement dans l'intention des fondateurs du sanctuaire : nous dirons plus tard nos raisons à cet égard. Pour le moment, nous nous bornons à signaler ce singulier emplacement du temple, bâti sur les ruines de celui de Chersiphron qu'avait brûlé Érostrate et qui avait succédé lui-même, toujours dans le marécage, à un autre plus ancien attribué aux Amazones etremontant à la domination de ces Cariens Toxides, adorateurs des roseaux et des grandes asperges sauvages, dont Périgone était la grande aïeule.

Le marais était si bien, dans l’origine, une des condi-

tions exigées pour ces sortes de constructions sacrées,

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