‹ Les origines de la religionChapitre 112 sur 219 · IV. — VENUS IN CALAMIS · texte numérisé non relu

IV. — VENUS IN CALAMIS

‘symbolisme de là nature de celui de Périgone ou de Vénus in calamis, association qui précise tout à la fois le caractère du symbole et le sens du mythe : «Les Égyptiens, ditil, sont convaincus que la Terre est le corps même d’Isis, et qu'Osiris est le Nil, qui la féconde. D Isis et d'Osiris est né Horus, que Latane éléva dans les marais qui avoisi= ment Butos; car une terre bien humide et profondément trempée d’eau alimente mieux que toute aütre les exhiadaisons qui neutralisent ow tempèrent la sécheresse et la chaleur.» Isis était donc la terre humide des bords du Nil et celle des marais. La terre aride et inféconde, celle du désert et des plages sablonneuses, était Nephthys, l'épouse de Typhon. « Lorsque le Nil, dans ses débordements immenses, atteint jusqu'à cette terre, on appelle cela, ajoute Plutarque, l’adultère d'Osiris avec Nephthys, adultère qui se constate par les végétaux que l’on voit ensuite pousser. Parmi ces végétaux se trouve le mélilot: on raconte que c’est en voyant cette plante isolée que Typhon reconnut l’outrage fait à ses droits d'époux. Ainsi donc Isis fut lamère légitime d'Horus, mais Anubis naquit de l’aduldère clandestin commis par Nephthys. Il est dit que cette dernière, après avoir épousé Typhon, demeura d’abord stérile, ce qui, entendu de la stérilité d’une déesse et non d’une femme, désigne l'infertilité complète du sol.» Après cela, l'hostilité de Typhon et d'Osiris s'explique tout naturellement: «Les embüches dréssées par Typhon, dit finalement le même auteur, ne figurent uniquement que l'intensité de la sécheresse, laquelle neutralise et absorbe l'humidité qui donne naissance au Nil et produit ses débordements. La reine éthiopienne qui vient en aide à Typhon désigne d’une manière allégorique les vents du sud, soufflant d’Ethiopie; car, lorsque ces vents sont plus forts que les vents étésiens, qui poussent les nuages vers le midi, et qu’ils arrêtent les cataractes de pluies destinées à grossir le Nil, alors Typhon est le maitre. Il brûle tout, il maitrise

Ce

complétement le Nil, qui, au contraire, coule faible et resserré: ce n’est plus qu’un filet d’eau caché au fond des terres et bien humble, que Typhon rejette dans la mer.» Il n’eût guère été possible de mieux alléscoriser le Fong- Chouy: le mythe d’Osiris et de Typhon, dans cette donnée, est bien le symbole du « vent et de l’eau. » Un trait caractéristique à noter, c’est qu'Hérodote* associe à la déesse de Butos, qu'il appelle Latone, lui aussi, et qui selon Plutarque, éleva l'enfant d’Isis dans les marais du Delta, cette même Artémis dont nous venons de voir que le sanctuaire, à Ephèse, était bâti en plein sol marécageux. C'était aussi, du reste, dans la vase même des marais qu’une fable rapportée par Plutarque faisait naître Isis *. La tradition conservée par Etienne de Byzance et à laquelle nous faisions allusion plus haut est d'autant plus remarquable, que cet auteur, à l’époque où il vivait, et Eusèbe lui-même, dont il invoque le témoignage, n’en comprenaient pas le premier motet n’ont évidemment fait ici que l'office de rapporteur. Il était, en effet, très-naturel de représenter un peuple qui cherchait le voisinage de l’eau et le marais, pour y fonder une ville, comme chassé de sa patrie par une sécheresse. Ce peuple fuyait devant Typhon. Dans la plupart des fondations de villes de la haute antiquité, le choix de l'emplacement fut déterminé par des considérations de la nature de celles que nous venons d’indiquer. C’est ce qui ressortira de la suite de ce travail. Pour beaucoup, il est vrai, le voisinage de l’eau peut fort bien s'expliquer parles préoccupations du besoin ordinaire ; mais, outre les constructions sur terrains marécageux, comme celles dont il vient d’être question, les temples, tumuli, pyramides, îles flottantes et autres sacra, élevés au milieu d’étangs et de lacs le plus souvent naturels,

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