Genèse, X, 8 et
temps reculés et plus près de nous encore, ont si souvent jeté les races humaines les unes sur les autres. Nous pensons qu'il venait plus ou moins directement du nord-est, des bords du Gihon et des montagnes de l’'Hindou-Kousch, où l’on a effectivement retrouvé des traditions et une série de dénominations locales apparentées qui paraissent confirmer cette origine *. Les Couschites y formaient comme
1. Si les premiers chapitres de la Genès: appartiennent bien en propre à la tradition couschito-sémitique, comme tout tend à le contirmer ; si ces chapitres n’ont pas été écrits sous l'influence du voisinage éranien, à une époque relativement récente, par ex. au VIIIe Siè— cle avant J.-C., — et ils ne l'ont pas été, car une imitation n’a pas ce caractère d'originalité qui frappe dans le texte biblique, — il faut nécessairement admettre qu'ils remontent, sinon dans leur rédaction actuelle, du moins quant au fond, aux origines de la race sémitique. De là nécessairement cette conclusion, à savoir que, puisque la description de l’Eden et des lieux qui sont donnés par la Bible commele berceau de l'humanité ne se rapporte qu’à une région éloignée dans la haute Asie centrale, où l'on trouve, en effet, toute la topographie primitive de la Genèse et des livres canoniques éraniens, c'est dans ces contrées qu’il faut placer les commencements du Couchisme, dont les Sémites ne sont qu'une ramification. Là sont les quatre grands fleuves édéniques : le Gihon, « qui entoure la terre de Cousch » et que les riverains appelient encore aujourd'hui Djihoun, l’Oxus des géographes ; le Pischon, « qui entoure le pays de Khavilah, où l’on trouve l'or, le bdellium et la pierre de Schoham ou onyx », répondant au haut Indus, dont le territoire, comme en témoignait déjà Pline de son temps (Hist. nat. XII, 19), était riche surtout en or, en pierres précieuses et en bdellium, et où se rencontrent une foule de noms géograäphiques de même assonance que celui de Khavilah (Lassen, Zndische Alterthumshkunde, t,1, p.528); le Hidekel, « qui coule en avant d'Aschour », c’est-à-dire, suivant une conjecture très-légitime de M. Baudry, en Asoura, la patrie primitive de la race éranienne, et non point en Assyrie ; et finalement le Phrath, dont le nom, avant d’être transporté, comme tant d’autres, en Mésopotamie, aurait primitivement désigné l’Helmend, dont un des affluents est appelé par Pline ( Hist. nat., VI, 23, 25) du nom d'Ophradus. Une preuve de l'antiquité réelle de la tradition sémitique à l'égard de la patrie originelle de la race, c'est, entre autres, le nom de l’Arvand, aujourd’hui l’Iaxarte, que l'on trouve sous la forme d'Oronte en Syrie, où il n’a pu être apporté que par des Sémites, attendu qu'on le lit dans des inscriptions égyptiennes de la dix-huitième dynastie, qui est du xix° siècle avanf notre ère, c'est-à-dire, d'une.époque où il n'existe pas trace d'établissement aryen dans cette partie de l’Asie, Nous ne pouvons donc