‹ Les origines de la religionChapitre 116 sur 219 · IV. — VENUS IN CALAMIS · texte numérisé non relu

IV. — VENUS IN CALAMIS

les avant-postes de la race aryenne, dont ils étaient probablement un très-ancien rameau, détaché avant que cette race se füt individualisée dans lenom quilui estresté propre. De là ils se seraient répandus à droite et à gauche, les uns passant à l’est et arrivant d’étape en étape jusque sur le Tigre, et les autres descendant vers le midi jusqu’à Caboul, le Khavilah de la Bible”, pour se ramifier encore de ce point un peu dans tous les sens. De Khavilah se seraient irradiées, entre autres, bon nombre de colonies dont M. d’'Eckstein croit avoir retrouvé des vestiges dans l’Inde ancienne, le long de l’Indus, à l’ouest et à l’est des bouches de ce fleuve, dans le Las, dans l’île de Cutch et la presqu'île de Goudjerate, et jusque sur les versants orientaux de l'Himalaya, dans le Cousch Behar, dans l’Assam, sur les rives de la Yamouna et du Gange. Les Xuçasthalas et Kuçadvipas ou «cités des Kuças» de la vieille Inde sont rattachées aux Couschites, avec lesquels les Aryas, à leur arrivée dans la grande péninsule, se seraient même alliés contre les autochthones, alors les plus nombreux. On va jusqu’à associer une fraction de cette famille aux rischis védiques, en attribuant à un enfant de Kousch les hymnes qui portent le nom de Kuca. Les villes couschites de l’Inde étaient généralement des comptoirs, des centres de commerce et d'industrie, où venaient s’échanger les produits de contrées diverses et d’où partaient, dans toutes les directions, des traficants, des missionnaires et des colons, ces derniers destinés à la recherche et à l'exploitation, non-

nous ranger à l'opinion émise d’abord par M. Oppert et récemment reprise par M. Eberhard Schrader, qui placent en Arabie le point de départ de la race sémitique. S'il n’est pas exact de dire que les Arabes, chez qui se trouvent, comme on le verra plus loin, bien des dénominations topiques rappelant le berceau commun dont il vient d'être parlé, n’ont conservé aucun souvenir de cette ancienne patrie, il l’est tout à fait, au contraire, de maintenir que les Babyloniens, les Assyriens , les Araméens, les Chananéens , les Phéniciens , les Héb'eux n’en ont pas retenu le moindre d'une origine arabe. Le CEA.

seulement des terrains propres à la culture, mais encore et plus particulièrement desmines. C’est le besoin d’écoulement des richesses minérales et. des produits industriels qui à donné l'essor au grand commerce et qui l’alimente. Il ya donc toute apparence que les mineurs étaient déjà organisés avant la séparation de la famille de Cousch, quand elle était encore réunie dans les montagnes au nord de: Khavilah, et e’est en reportant à ce berceau primitif de la race les traditions qui font inventer le bronze par les Phé— niciens, un rameau couschite, dont l'établissement sur les bords de la Méditerranée est de beaucoup postérieur à l’âge présumé des tumuli où le bronze a été trouvé, qu’on pourrait avoir quelque chance d’expliquerces traditions. Quoi qu'ilen soit, le riche pays qui nous occupe et qui doit. devenir un des centres Les plus actifs d'élaboration religieuse, le foyer où vont se fondre et se transformer les: apports divers de tant de courants, reçut, à notre avis, l'invasion couschite de trois côtés: 1° du côté du nord-est, par où elle pénétra d’abord violemment, en faisant irrup— tion sous la conduite du «puissant chasseur » ; 2° du côté de lElam et de la Susiane, qu’elle aurait longés du sud au nord, à une époque postérieure, venant des versants occidentaux du Paropamisus ou même du bas Indus et après avoir traversé la Gédrosie. et la Carmanie; et 3° enfin du côté de la mer, par où elle s’infiltra doucement et lentement au moyen du ecommerce. C'est par le golfe Persique, en effet, la mer Erythrée ou mer Rouge primitive, que la fraction indienne de la famille de Cousch, celle que nous avons suivie le long de l’Indus et jusque dans Le Goudjerate et sur la côte de Malabar, aurait pénétré dans la Babylonie. Suivant Hérodote‘, les historiens persans faisaient venir de là les Phéniciens, qui, « après avoir quitté les bords de cette mer pour ceux de la Méditerranée, s'adon-

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