IV. — VENUS IN CALAMIS
résulter de là que, au temps du symbolisme, on considérait cette région comme la patrie originelle; le pays «antique » par excellence. Maïs, quelles que soïent les montagnes auxquelles doive être rapportée la dénomination d'Accades, il n’en demeure pas moins à peu près cértain aujourd’hui que, si ces peuples ont pénétré dans la Babylonie par l'Élam et la Susiane, les déux provinces en question n’ont été pour eux que des étapes et qu'ils y étaient venus de beaucoup plus loïn dans le nord. Leur parenté avec les Scythes-Tatars et les Finno-Ouraliens, qui parait vouloir s'établir, tendrait à le confirmer. C’est donc une population pré-accadienne dans l'Élam que doit nécessairement viser la tradition qui fait de ce pays uné sorte de berceau de l'humanité, et nous verrons ultérieurement que la plus ancienne dénomination de la Maternité divine, en Babylonie, n'appartient en propre ni à la langue ni au système religieux des Accades. D'où il faudra conclure que le thème développé par ces derniers, maïs plus particulièrement ensuite par les enfants de Coùsch, est celui d’un peuple établi dans le pays entre le Tigre et l'Euphrate antérieurement même aux Touraniens proprement dit: ou Finno-Scythes. |
Nous avons dit que cette riche contrée avait été envahit à diverses époques par les Couschites de trois points difré rents. Une de ces invasions s’est évidemment faite les armes à la main, et les autres ont dû suivre sous form de colonisation, à la faveur du premier établissement comme ce qui se, passa après lPinvasion de l'Égypte par les Hyksos ou pasteurs, dont l'établissement dans le Delta e: jusqu’au-dessus de Memphis ne tarda pas à attirer et le: navigateurs phéniciens et les nomades du pays de Chanaai et de l'Arabie, tous peuples de même langue et de mêm race que les Hyksos. La tradition conservée par la Bibl est explicite à cet égard. Nemrod, le fils de Cousch, fu bien un conquérant, le premier roi autour duquel se grou
pent, en Assyrie, les souvenirs des. populations couchito— sémitiques. « Il régna d’abord, dit la Genèse, sur Babel, Erech, Akad et Kalneh, dans le pays de Sinear'.>» Et il règna en homme qui impose son empire par la force : ipse cœpit esse potens in terrd, eterat robustus venator corän Domino*. Cette irruption violente est encore attestée par ce qui ressort des fragments conservésde Bérose* et de la lecture des inscriptions. Le domaine des choses religieuses. et de toute la science empirique laissé aux Chaldéens, tandis que les Couschites gardent pour eux la puissance politique, n’est pas sans quelque analogie avec ce que nous offre l’histoire de tant d’autres conquêtes, celle, par exemple, de la Gaule par les Francs : on sait, en effet, que, sous les rois mérovingiens, l'Église se recruta d’une maniére à peu près exclusive parmi les Gallo -Romains conquis.
La première invasion couschite, celle de la conquête, rattachée au nom de Nemrod, eut lieu, avons-nous dit, par le nord-est. Elle ne venait point du golfe au midi de la Babylonie, les irruptions violentes par grandes troupes, comme celle dont il s’agit, n’ayant pu, à ces époques reculées, avec une navigation organisée pour le commerce, nullement pour la guerre, et des moyens de transport sur mer tout à fait restreints, s'effectuer par eau. Elle ne venait pas non plus du sud-est, le long de la côte, parce qu’il y avait là de grands obstacles naturels qui se fussent opposés à la marche d'une expédition de cette nature et aussi parce qu'elle eût refoulé vers le nord les Accades. Nous avons dit plus haut que ces derniers flanquaient au nord et au sud l’élément couschite, qui avait dû, en conséquence, pé— nétrer comme Mn coin dans un corps qu'il divise. Par où
1. Parmi ces noms, on doit remarquer celui d’Akad, qui rappelle les Accades des inscriptions cunéiformes.