‹ Les origines de la religionChapitre 122 sur 219 · IV. — VENUS IN CALAMIS · texte numérisé non relu

IV. — VENUS IN CALAMIS

la route stratégique dont nous avons parlé plus haut. Deux circonstances paraissent autoriser cette supposition : le refoulement des Couschites de Khavilah vers le sud, où ils se répandent à l’est et à l’ouest, à la suite, sans doute, de quelque mouvement de la famille aryenne, et le développement de ces mêmes Aryas, au nord, depuis le Paropamisus jusqu’à l’Araxe, dans l’Arie, la Parthie et la Médie, à peu près parallélement aux progrès des enfants de Cousch au midi et au centre de ce qui forme aujourd’hui la Perse. On a constaté, en effet, à une époque fort reculée, la présence d’Aryas en Médie, où l’on a toute raison de penser qu’ils étaient arrivés, en longeant la côte méridionale de la mer Caspienne, peu de temps après l’irruption nemrodienne en Assyrie. Eusèbe parle, d’après Bérose, d’une dynastie& médique » ou aryenne, dont il fait la deuxième” et qui remonterait, par conséquent, à des temps bien éloignés : elle n'aurait guëre été, du reste, que de passage dans le pays*.

Quant aux autres invasions couschites dont il a été parlé, elles eurent un tout autre caractère que celle de Nemrod. Il y a lieu de conjecturer qu’elles procédèrent par petites étapes et par bandes isolées, avançant successivement et se concentrant peu à peu sur tels ou tels points donnés, où elles formaient comme des noyaux autour desquels se groupaient insensiblement des masses compactes de même provenance. Les Hébreux et les Phéniciens ont dû pénétrer de cette manière, les Hébreux, du côté du nord-est, comme nomades et pasteurs à la recherche de pâturages, et les Phéniciens, du côté du sud, par la mer Érythrée, venant des bords de l’Indus, du Goudjerate ou de la côte de Malabar. Les tra-

LChron. arm... p. 17, éd. Mai. , 2. J. Oppert, Histoire des Empires de Chaldée et d'Assyrie d'après les monuments, p. 9.

ditions hébraïques et les souvenirs de la Phénicie paraissent confirmer cette double hypothèse. Nous savons par la Bible que le père des Hébreux était venu du nord.« Therah, dit la Genèse ‘, ayant pris Abram son fils, Loth, le fils de son fils Aran, et sa belle-fille Saraï, femme de son fils Abram, les fit sortir d'Ur Chasdim (Ur des Chaldéens) pour aller dans le pays de Chanaan, et ils vinrent à Haran où ils habitèrent. >» D’après M. Oppert?, Ur Chasdim n'aurait pas été une ville, mais tout simplement le nom que les Touraniens donnaient à la Mésopotamie : wr, pays; cas, deux, et dim, eaux. Cependant, si l’étymologie que l’on s'accorde généralement à donner du nom d’Arphachsad, fils de Sem, l’ascendant le plus éloigné de la famille hébraïque, est bien la véritable, il devient difficile de séparer « Chasdim » en deux mots, comme le fait M. Oppert, et d'y voir autre chose que le terme même qui, en hébreu, servait à désigner les Chaldéens ?. Selon Gesenius*, en effet, Arphachsad ou Arpha-chasd devrait s'expliquer par « frontière de Chasd », soit, au pluriel, « Chasdim », en un seul mot, avec inflexion sémitique. Quoi qu’il en soit de cette étymologie, la ville ou le pays d’Ur Chasdim était, dans tous les cas, situé au nord de Haran. Les Assyriologues ont constaté dans le midi de la Babylonie, au premier confluent du Tigre et de l’'Euphrate, sur l'emplacement du village actuel de Mougheïr, les traces d’une des quatre capitales de la basse Chaldée primitive, et la lecture des inscriptions a établi que cette capitale était Ur elle-même. On en a voulu conclure qu'il n’y avait plus à chercher ailleurs le point de départ des Thérachites. Nous croyons,

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3. In Scripturd Chaldæi perpetuo vocantur EOYY2 (Chasdim) à patre suo TU2 (Chasd) filio Nachor patris Abrahæ. $. Bochart, Geographia sacra, p. 83.

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