‹ Les origines de la religionChapitre 123 sur 219 · IV. — VENUS IN CALAMIS · texte numérisé non relu

IV. — VENUS IN CALAMIS

néanmoins, que c’est à tort. L’émigration partie d'Ur Chasdim se dirigeait vers le pays de Chanaan. Elle ne pouvait donc venir de la basse Chaldée, parce que, si le but qu’elle avait en vue était bien, comme le dit expressément la Genèse !, de gagner « la terre chananéenne », elle ne fût pas remontée de si bas jusquà Haran, dans la Haute- Mésopotamie, et ensuite parce qu’il ressort du contexte et des inductions de la science qu'Ur et Haran ne furent que les étapes d’un itinéraire dans la direction du nord au sud et non point du sud au nord. Si Arphachsad, en effet, répond bien à l’Arrapachitis de Ptolémée, c’est en suivant la ligne des monts Carduques, à la manière des pasteurs nomades qui, aujourd’hui encore, vont et viennent d’un bout à l’autre du Kurdistan, que les Sémites proprement dits auraient pénétré dans le pays des Chaldéens septentrionaux. Le mot Ur, qui a signifié « ville » en accadien et qui, employé seul, désignait une capitale, comme wrbs, en latin, désignait Rome, a voulu dire aussi « pays », ainsi que nous l’avons vu traduit plus haut par M. Oppert, de sorte que « Ur Chasdim » signifie littéralement le « pays des Chaldéens ». Ce dernier sens nous paraît d'autant miéux devoir être préféré, que l’Arrapachitis ou Arphachsad, d’où était partie la famille térachite, était située au nordest des monts Carduques et sur la frontière de ces mêmes Chaldéens septentrionaux, qu’il fallait nécessairement traverser pour venir à Haran. Il ne saurait y avoir de doute à cet égard : le géographe qui, le premier et le seul parmi les anciens, mentionne ce pays, Ptolémée, le place entre l'Arménie et l'Adiabène et en fait une partie de l’Assyrie au nord ?. Si, enfin, comme on est en droit de l’inférer du système suivi dans les tables généalogiques de la Genèse *,

1 XIe 2. Ptol., VI, 1.

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et des Paralipomènes", le nom de Sem, le père de toute la race, est bien une simple dénomination géographique, rien n'empêche de rattacher ce mot à la racine sémitique schama*, avec le sens de « haut » et, par conséquent, de « montagne », comme l'ont fait de Wette et J.-G. Müller #. Les Sémites sont donc descendus de quelque haut plateau, et peut-être convient-il d'entendre par « pays bas », avec plusieurs interprètes *, qui l’opposent à Aram ou « pays haut >», l'expression d’Arçah Chanaan, employée par le chapitre X de la Genèse, verset 81, pour désigner la région où Thérach conduisit sa famille ; seulement, ici, Chna ou Chanaan devrait s'entendre d’un « pays bas » par rapport à Sem. Cette interprétation, qui a l’avantage de ne pas reporter à une distance énorme le but immédiat de la migration des Thérachites, est celle qui ressort le mieux de la situation. Dans ce cas, le mouvement de haut en bas, qu’elle implique, serait une confirmation de l’origine septentrionale que nous venons d’assigner à la famille en question : c'était du nord qu’elle venait et vers le sud qu'elle se dirigeait. [l est bien vrai que le mot de « Chanaan », qui à eu dans l’origine le sens général « d’abaissement » et de « dépression® » , n’est plus, dans la Bible, qu’un terme géographique, pour désigner la Palestine ; mais il est incontestable aussi que le sens général indiqué a existé réellement, ce que confirme la fable imaginée par certains interprètes, qui, pour expliquer l’idée de mouvement de haut en bas contenue dans le nom de Chanaan, disent que, à la naissance de ce fils, Cham le déposa à

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Arabe.

. Beitræge zur ‘Krit., II, T2.

. Die Semniten, |, 6,

. Knobel, 148; Vaihinger, Herzog, R. E., art. Syrie. - Rad. 13, abaisser.

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