IV. — VENUS IN CALAMIS el
la fondation du premier empire assyrien par les. Couschites venus du nord-est, ils ne paraissent pas avoir eu de colonies proprement dites dans le pays. Peut-être en avaient-ils déjà sur toute la côte d'Arabie , où l’on trouve établis, en effet, antérieurement aux Sémites Joktanides et Ismaëélites, leurs frères aînés les Couschites. Il est certain que l’on arrive sans trop d’efforts à rattacher plusieurs des dénominations géographiques arabes à la généalogie biblique de la famille de Cousch, comme les Sabæi des auteurs classiques à Saba ; la ville de Sabota, capitale de l'Hadhramaut, à Sabatha ; les Chavilæi de Pline et de Strabon et le Khawlon des géographes arabes à Æavwila ; le Rhegma de Ptolèmée à Radma ; les Benou-es-Sab ou fils de Sab à Seba, et l’île érythréenne de Daden à Dedan*. Est-bien, cependant, de ces Couschites d'Arabie que se sont détachés les Phéniciens ? Il y a des auteurs qui le pensent. Suivant eux, les Phéniciens seraient arrivés directement de la côte d'EI-Khatif en face des îles de Tylos et Arados, les Bahreïn d'aujourd'hui, en suivant une ligne d’oasis le long de lOuady-Aftan et du Djebel-Toueyk jusqu’à Aneïzeh, et en prenant ensuite, après avoir traversé le district d'EI-Kassim, les routes des pélerins de Damas à la Mecque, à la hauteur de Henakieh?, Il est possible que plusieurs des tribus chananéennes soient venues de ce côté; mais les Phéniciens propres, ceux-là mêmes dont il a été dit qu'ils étaient originaires de la mer Érythrée, n'avaient pas dû partir de là. La version arabe de l'Agriculture nabathéenne, ouvrage que M. Quatremère * fait remonter
1. Genèse, X, T: «Les fils de Cousch furent Saba, Havila, Sabatha, Regma et Sabatacha. Les fils de Regma furent Saba et Dedan. » — Cf. pour tous ces noms, Bochart, Geographia sacra, p.245 et suiv.
2, Fr. Lenormant, Man. d'Hist. ancienne de l'Orient. I, c. I.
3. Nouveau Journal asiatique, XV, 235 M. Renan (Mém. de l'Acad. des Inscrip., nouvelle série, t. XXIV, l'e partie, p. 165) estime , néanmoins, que la première rédaction en langue araméenne n’a pu avoir lieu qu'entre le ze et le vrr° siècles de nôtre ère.
au vi° siècle avant J.-C. , cite des Chananéens sur le bas Euphrate, auprès des Chaldéens , et suppose que ce peuple fut expulsé violemment du pays à la suite d’une querelle avec les rois de Babylone. Les historiens arabes ont une tradition qui semble confirmer le fait. D'autre part, on trouvait le long du fleuve ou dans son bassin, depuis le golfe Persique jusqu'en Mésopotamie, des dénominations topiques d’origine incontestablement phénicienne, comme Ed-dana, Thapsach, Nisibe, Haran, Hamath, autant de comptoirs et emporia. La ville euphratéenne d’Ed-dana ou Adana, dont parle Étienne de Byzance ‘, et qui est probablement la même que l’Éden tyrien du prophète Ézéchiel?, a un correspondant lexique dans l’emporium sidonien de Dan, sur la grande route de Syrie en Mésopotamie par Damas. Thapsach a le sens de « gué » et de « passage de rivière » , en phénicien. Nisibe, d’après Philon de Byblos, cité par Étienne, tirait son nom des « colonnes » (Nisibin) que les Phéniciens, ses fondateurs, y avaient dressées. Haran*, où avaient lieu chaque année, aux vendanges, des sacrifices de premiers-nés comme en Chanaan ”, aurait été bâti, suivant un auteur arabe , Hadgi Khalfa*, par les Chananéens, ce qui signifie tout simplement que cette ville était d’origine phénicienne. Il y avait, du reste, sur le golfe Persique, un autre grand emporium de même nom °, que les Phéniciens possédaient et qui pourrait bien avoir été le type du Haran de Mésopotamie. Hamath, dont il est question dans la Bible, dès la plus haute antiquité”, et qui