‹ Les origines de la religionChapitre 135 sur 219 · lp · texte numérisé non relu

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4, XVI, 1, p. 335.

9. Georg. sync.. p, 28, B. — Euseb., Arm. Chron., p, 8, éd, Mai.

role humaine : son image peinte a été conservée jusqu’aujourd’hui. Cet animal passait tout le jour dans la société des hommes, sans prendre de nourriture, leur enseignant les lettres, les sciences, Les arts, les règles de la construction des villes, celle des sanctuaires, la confection des lois et le mesurage des terres, l’ensemencement et la récolte, tout ce qui, en un mot, constitue l’état policé. Puis, au coucher du soleil, l'animal Oannés avait coutume de rentrer dans la mer, où il passait la nuit; car il était amphibie. Dans la suite, il apparut encore d’autres animaux semblables à celui-là. Oannès avait écrit un livre sur l’origine des choses et le gouvernement de la Société. » |

Les différentes apparitions successives de ce monstre divin, au nombre de cinq, non compris la première, en le manifestant sous le nom d’Annêédotos !, dans lequel on a dû reconnaître l’Ann-data des inscriptions, ne laissent aucun doute sur l'identité d'Oannés et d’An. Quant à la reproduction de l’a initial par Oa (Qa) et par æ} («), dans les mots grecs qui précèdent, elle s'explique par le vague de la lettre assyrienne correspondante, qui est un ain, prononcé avec une légère contraction de la gorge et une sorte d’emphase à double ton. Il importe, néanmoins, de ne pas perdre de vue que les traditions conservées par Bérose font remonter la première apparition du dieu au commencement même du monde ou, du moins, au delà de toute société organisée, — êv d To rouTw éviaut®, — et que ses autres théophanies successives sont toutes d'avant le déluge : la dernière est reportée au temps du 7° roi anté-diluvien Edoranchos. D'autre part, nous savons par le déchiffrement des inscriptions cunéiformes que le nom d’An était, en accadien, un terme qui signifiait « dieu » en général. Il semble donc ressortir de toutes ces circonstances que la dénomination en question, qui existait dans le pays anté-

1. Alex. Polyhistor, cité par Eusèbe, Arm, Chron., p, 5, éd. Mai.

Le

rieurement à l'invasion des enfants de Cousch, n’appartenait pas originairement à ces derniers. D’autres faits concourent à l’établir.

On a remarqué que le féminin couschito-sémitique Anath était très rare et peu ancien dans les textes cunéiformes, où le côté femelle d’Anou ne se distingue de ce même dieu que par la qualification de « dame » où « épouse ». Il n’est fait mention non plus, dans les inscriptions, d’aucun sanctuaire spécialement dédié à cette forme infléchie féminine, celui de Babylone, par exemple, bâti par Ne étant désigné comme placé sous le vocable de la « Dame‘ de la demeure d’Anou. Pour féminiser, en assyrien, la divinité en question, au lieu d’Anath, on employa d’abord de préférence le féminin de Bel ou Baal, c’est-à-dire Belit ou Baalath ou encore le féminin Mulidit et Moledeth, la divine « génératrice », celle qu'Hérodote et les autres écrivains grecs nomment Mylitta, et en l’honneur de qui avaient lieu, à Babylone, les prostitutions sacrées des Succoth-Benoth, que Strabon rappelle: comme appartenant, dans le Pont et en Cappadoce, au culte de l’Anaïtis persane, une simple déformation d’Anath. On eut aussi les féminins Ischtar et Zarpanit, la déesse de la volupté et la productrice des germes, l’une et l’autre associées également à Anu. La dénomination d’Anath, inflexion féminine couschito- sémitique d’An, quoique fort anciennement employée, puisqu'on à trouve dans des noms de localités chananéennes d’avant les Israëlites? et sur des stèles égyptiennes de la dix-neuvième dynastie *, ne supplanta définitivement, en Babylonie, celle de Belit que sous les rois perses Achéménides, quand la re-

1. Inscr. de la Compagnie des Indes, col. 4, I, 44-48. Rawlinson et Norris, Cuneiform Inscriptions of Western Asia, I, 55.

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