DRE
l’Artémis crétoise, plus mère terrestre que lune, et, en outre, chasseur comme Nemrod; d’un Hercule-Sandan, soleil des deux hémisphères, régulateur du mouvement des douze signes du Zodiaque et des douze mois de l’année, et amant d'Omphale, un divin kteis. Ainsi composé, il n’est évidemment que le résultat de la rencontre de deux courants, d’une fusion du dogmatisme religieux des vainqueurs avec celui des vaincus. Aux premiers appartient l’icée chthonienne ; aux seconds, le phallisme du rayonnement astral.
Néanmoins, dès la période accadienne, en Assyrie, c’està-dire avant l'invasion couschite, l'énergie mâle du Divin s'était déjà posée, quoique dans des conditions bien subordonnées encore. Avant d’épouser Izdubar, son vainqueur, la divine reine de la grande nécropole chaldéenne, l’'Om- Uruk où Mère d’Erech, Ischtar, avait eu pour associé mâle, dans les sombres demeures de l'enfer, un jeune dieu qualifié de « Fils de la vie, seigneur de la demeure des morts et de l’abime {, > qu’on a tout lieu de croire être le même que cet adolescent Thammuz, dont Ezéchiel rapporte que les femmes de Jérusalem pleuraient la mort, assises à l'entrée du temple, du côté du Nord. Ischtar le pleura de même, comme Vénus son Adonis, et ce fut pour le ramener à la vie qu’elle accomplit cette descente aux enfers dont une tablette * nous a conservé le récit, traduit en anglais par MM. Fox Talbot et Smith et en français par M. F. Lenormant *. Dans ce récit, l’'Om-Uruk s’est dédoublée : la partie que les influences des cultes célestes ont tirée du sein de la nuit et associée à un mâle est devenue Ischtar, si TR sous le nom de Belit, est restée exclusivement chthonienne, véritable reine de l'enfer.