‹ Les origines de la religionChapitre 146 sur 219 · VI. —"VENUS ÆNEA · texte numérisé non relu

VI. —"VENUS ÆNEA

de simples nuances de la même divinité ‘, d’où il faut nécessairement conclure que An-Kh est le même que An. En assimilant Idris, qu’il appelle un prophète et qui n’est évidemment qu’une forme d’Adar, avec Henokh, le Coran confirme, de son côté, l'identité des deux et donne de plus le droit de considérer les orthographes Henokh (M0)

et Anak {|23Q) comme de pures variantes d’une même articulation primitive *. Du reste, dans la généalogie des patriarches antédiluviens du chapitre V de la Genèse, Hénokh est, de même qu'Edoranchus dans la série des princes assyriens d'avant le déluge, le septième en rang, et de plus la tradition fait de lui un véritable Oannèés ; il est dit, en effet, qu'il avait vu l’arbre de la science et qu’il possédait la sagesse du monde supérieur comme du monde infèrieur. Il avait, lui aussi, inventé l'astronomie { et la distribution de l’année solaire Ÿ, que paraissent, du reste, symboliser les 365 ans de sa vie terrestre f.

La forme An-ki est encore masculine dans plusieurs dénominations qui ont passé dans l’Hellénisme, où elles ont à la longue acquis une sorte de droit de cité, tout en conservant bien des traits de leur provenance étrangère. La trinité composée d’Anchise, Énée et Ascagne, trois noms affiliés qui ne nous paraissent être que trois aspects de la même idée, doit être rangée, croyons-nous, dans cette catégcorie.

1. Une tablette cunéiforme mentionne Adar parmi les noms d’Anu. Rawlinson et Norris, Cunciform Inscriptions of Western Asia, ur. 69,14, 9.

2. Coran, ch. XIX, Mariam, v. 57, 58. En traduisant par vièc ”Aep (fils d'Adar) un nom de roi syrien, que l’on croit correspondant du Ben-Idri de l'inscription de l’obélisque de Nimroud, les Septante nous donnent la preuve que la prononciation Zdris pour Adar n'est pas imaginée.

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