‹ Les origines de la religionChapitre 147 sur 219 · Scaliger, Animadvers. ad Grœc. Euseb., p · texte numérisé non relu

Scaliger, Animadvers. ad Grœc. Euseb., p

6, Genèse, V, 23, 24.

Je

Nous avons déjà vu que la forme Ænæa était une des qualifications de la Mère divine, vierge ou prostituée sacrée : Artemis Anæa de Lydie et Aphrodite Ænæas, celle-ci honorée à Ænos ou Ænea, dans le golfe de Thessalonique, à Zante, à Corcyre, à Leucate, à. Ambracie, à Actium, où son culte était associé à celui des Cabires de Samothrace, à Segeste, en Sicile, au mont Eryx, parmi les Elymes, et jusque sur la côte italique, d’où nous avons dù conclure que cette forme, identique, en outre, dans toutes ses applications, à l'An des textes cunéiformes, était une avec cette dernière dénomination. An et Énée, abstraction faite de ce qu’il peut y avoir de souvenirs semihistoriques dans la légende du héros troyen, se touchent donc par une foule de côtés. Comme issu de Vénus, dont la tendre sollicitude le suit partout et dont il est lui-même l’apôtre et le grand-prêtre, propageant son culte dans toutes les directions, en Thrace, en Épire, dans les îles et sur les côtes de la Grèce occidentale, en Sicile et en Italie, Énée appartient à la Fable, et ses voyages rappellent une propagande religieuse du genre de celle de l’Astarté sidonienne et de l’Hercule tyrien.

C’est, du reste, ce que semble reconnaître Virgile luimême :

….. Omnem cursum mihi prospera dixit Relligio et cuncti suaserunt numine Divil.

Si l’on va un peu au fond de la légende, telle qu’elle hous a été conservée avec plus ou moins d'amplification par Caton, Varron, Virgile, Denys d'Halicarnasse, ete., on ne tarde pas à reconnaître qu’elle se compose surtout de traits parfaitement caractéristiques de la propagande en question. Ce qu’il y à de bien positif, en effet, c’est que les haltes du héros troyen, dans ses courses bizarres, coïncident avec la présence, aux lieux où il s'arrête, de

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