VI. — VENUS ÆNEA
« Sacra suosque tibi commendat Troja Penates. Hos cape fatorum comites : his moœnia quære,
Magna pererrato statues quæ denique ponto. »
Sic ait, et manibus vittas, Vestamque potentem, Æternumque adytis effert penetralibus ignem!.
Aussi, à Rome, la déesse était-elle tenue pour originaire de Troie. Ovide, dans les Fastes et dans les Métamorphoses, la qualifie de Troyenne, Zliaca Vesta* et Troica Vesta *, épithète qui, dans le texte, s'adresse bien à la Vesta des bords du Tibre, comme on peut s’en convaincre, en s’y reportant :
Donec ab Iliacâ placidus purgamina Vestà Detulerit flavis in mare Tibris aquis.
« Tant que le calme Tibre n’a pas dans ses eaux jaunâtres emporté à la mer les immondices du temple de la troyenne Vesta“. »
Et quand Rome fut prise par les Gaulois :
Vidimus Iliacæ transferri pignora Vestæ Soda E, hlatetone
« Nous vimes emporter de son temple les emblêmes de la troyenne Vesta. »
Dans les Métamorphoses, au livre déjà indiqué en note, Esculape pénètre dans l'embouchure du Tibre :
Huc omnes populi passim, matrumque patrumque Obvia turba ruit, quæque ignes troica servat Vesta, tuos, lætoque deum clamore salutant,
« Là accourent en foule les peuples de toutes parts, hommes, femmes, et celles qui gardent ton foyer, à Vesta troyenne, et tous saluent le dieu par des cris de joie. »
En., II, 293 et suiv.
. Fast., VI, 227 et 365.
Métam., XV, 730.
Ovide doit évidemment faire allusion aux eaux mélées d'immondices que le Cloaque de Tarquin l'Ancien portait au Tibre, en passant, en effet, au-dessous du temple de Vesta,
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Dans tout le Latium, le culte de Vesta ne se séparait point de celui des Pénates. Les sacrifices annuels qui avaient lieu à Lavinium, ainsi qu’à Albe, étaient en l’honneur des deux dénominations ensemble, ce qui faisait dire aux anciens que Vesta devait être elle-même un des Pénates !. Sur les monnaies, comme dansles auteurs, Vesta et les Pénates sont souvent associés ?, et nous savons par Servius que le foyer, en général, était consacré aussi bien aux Pénates qu’à Vesta*. Il n’est dit, nulle part, d’une manière positive, il est vrai, que les Pénates eussent leurs images ou symboles dans le temple de cette déesse ; mais tout porte à le croire. Le temple de Vesta, à Rome, était situé sur le versant nord-ouest du mont Palatin, en face de la Voie Sacrée et tout près du Forum, et il avait pour annexe ce qu’on appelait l’atrium regium ou atrium Vestæ, plus communément la Regia, où habitaient le Souverain Pontife et les Vestales. Il est probable que, à l’origine, on comprenait sous le nom de Regia l’ensemble des bâtiments en question “ Dans le sanctuaire proprement dit était un compartiment secret appelé penus, séparé du reste par des tapis et divisé lui-même en penus exterior et penus interior. Les auteurs s’accordent à dire que dans le penus intérieur étaient conservés le palladium et les autres symboles sacrés qu'Énée aurait apportés en Italie*. Parmi les objets que sauva le souve-
1. Macrobe, Saturn., III, 4. Vestam de numero Penatium aut certe comitem eorum esse manifestum est, adeo ut consules, prætores, seu dictatores, cum adeunt magistratum, Lavinii rem divinam faciunt Penatibus pariter et Vestæ. — Cf. Servius, Virg. Æn., II, R96.