VI. — VENUS ÆNEA PA à
t-il à juste titre d’oracle chthonien : mavretov yGôviov !. Eschyle, du reste, en le rattachant à ceux de lamer Egée, mais plus particulièrement au sanctuaire de Délos, et tous les poëtes, en faisant venir l’Apollon Delphien de cette dernière ile, où son culte s’associait comme en tant d’autres endroits à ceux de Latone, sa mère, d'Artémis Ortygia, sa sœur, et de Bacchus Dionysos, toutes divinités génésiques, laissent clairement entendre qu’on ne tenait pas le mythe compliqué du dieu en question pour quelque chose d’exclusivement grec. Il y a dans ce mythe, outre les traits indiqués plus haut, des côtés par lesquels il se rattache d’une manière évidente à celui des parèdres orientaux de la divine mère. C’est ainsi que le premier des hymnes ho-
- mériques, chantant la naissance de Phœbus, dit que, au
moment où Latone accouchaiït, elle avait les deux bras en-
*.lacès autour d’un palmier. Il n’est pas douteux que ce
palmier ne soit le même que celui dont il est question dans
lOdyssée et qu'Ulysse, qui l'avait vu à Délos, près de l’au-
ÿÿiel d’Apollon, se rappelle tout à coup à l’aspect de la belle - Nausicaa, qu’il prend pour Artémis®. Or, d’après Pausa-
nias , au lieu d’un palmier, l’arbre sacré de Délos aurait été un olivier *, ce qui, joint à tout le reste, nous autorise à le considérer comme une véritable Ascherah. Le palmier ou olivier que Latone serre dans ses bras en accouchant rappelle Smyrna changée en un arbre, qui s'ouvre
dit-on, sa mère dans ce sanctuaire prophétique. Thémis, d'elle-même et spontanément, transmit son trône à Phœbé, une Titanide comme elle, une fille de la Terre. »