VIII
HACf.- Ovide V3:
. . . +. Quam vix erratica Delos Orantem accepit, tum quum levis insula natat. Illic, incumbens cum Palladis arbore palme, Edidit invita geminos Latona noverca.
pour donner naissance à Adonis, et cette circonstance doit faire reporter l’origine du mythe en Asie, d’où sont venus tous les arbres symboliques de la divine mère, vierge ou amante, pins, oliviers, palmiers, mimosas, tamarins, grenadiers et lauriers".
Un autre trait tout à fait oriental du mythe en question, c’est le nom d’Ortygie donné au lieu où naquit Apollon et que portait aussi l’Artémis d'Éphése. Comme ce nom, en grec opruë, signifie « caille », et que, au printemps, la caille passe par bandes nombreuses d'Asie et des îles de la mer Égée en Grèce, on a pensé que c'était à cette circonstance qu’elle devait d’avoir symbolisé le retour de la vie ou la renaissance. Que ce füt pour cela ou pour autre chose qu’elle figurait le printemps aux yeux des Grecs, la caille n’en était pas moins, à Tyr, l’image de la vie :
ONE d’une caille rôtie, suivant Eudoxe, cité par Athé=dù
née *, avait suffi pour ranimer l’Hercule tyrien, ce qui a fait dire à Pline que cet oiseau, qualifié par lui d’elléborisé, avait, comme médicament, des vertus excitantes et guérissait notamment de l’épilepsie °
Cette résurrection d’Hercule est rappelée par Ménandre #, qui en place la fête, à Tyr, dans le mois Peritios. Or, le 2 de ce mois, correspondant au 25 décembre de l’année romaine, on célébrait la fête de la naissance du Soleil invaincu, Natalis Solis invicti, qui n’est autre que l’Hercule en question et auquel on sacrifiait, par conséquent, la caïlle, non pas comme oiseau du printemps, mais comme symbole de vie et de nouvelle naissance. Il est possible que le Noël tyrien n’ait pas toujours été au solstice d’hiver; en disant que le roi Hiram, un contemporain de Salo-
1. Le laurier, entre autres, a fourni le gracieux mythe de la métamorphose de Daphné qu'on lit dans Ovide, I, 8, Métamorphoses.