‹ Les origines de la religionChapitre 159 sur 219 · I, VIT · texte numérisé non relu

I, VIT

9. Cette purification est décrite jar Thucydide au livre IIT, ch. 104.

trouvaient furent enlevées, on reconnut que plus de la moitié appartenaient à des Cariens, d’après la forme des armes et le mode d’inhumation, qui était le même que celui dont ce peuple fait encore usage aujourd’hui. » Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce que nous rattachions les mythes déliens, du moins en partie, à des origines lydo-sémitiques. Il se pourrait donc très bien que l’île de Délos ne füt pas sans quelque rapport avec cette autre île sainte de la mer Erythrée appelée Dilvun, — un nom ne différant guère de Délos,— île qui paraît avoir été le foyer primitif de la religion chaldéo-assyrienne et où se produisirent toutes les théophanies d’Anu, sorti, comme on sait, de cette mer sous forme de poisson. Dans une tablette mythologique du British Museum, plusieurs des dieux assyriens les plus importants, comme Nabu et Zarfanit, sont qualifiés de dieux de Dilvu, exactement comme en Grèce les divinités les plus archaïques, notamment les déesses génétyllides, Ilithie, Latone, Demêter, Artémis, Aphrodite, Thémis, sont plus particulièrement qualifiées de déliennes. Les fêtes appelées Délies, qui, tous les quatre ans, attiraient à Délos les théories de toutes les Cyclades et même de l'Attique, attestent que l’île était bien, comme le Dilvun de la mer Erythrée, une métropole et un grand centre religieux. Rappelons que la déesse chaldéenne Zarfanit, la divine mère de cette île de Dilvun, était, elle aussi, une génétyllide. Ce nom, en effet, qui n’est qu'un qualificatif, désigne la divinité comme une sorte de Spermo; on le rattache à une racine Zaraf", correspondant à l’araméen Dalaf?, dont le sens est celui du latin stéllare et d’où a été formé le substantif Delefah, que M. Oppert rend par conjunctio venerea* et qui, d’après Hésychius, était le

ss NS pate | 3. Expédition en Mésopotamie, t. II, p. 297.

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