‹ Les origines de la religionChapitre 160 sur 219 · VI. — VENUS ÆNEA · texte numérisé non relu

VI. — VENUS ÆNEA

nom de la Vénus chaldéenne. Et ce qui prouve bien l’iden-. tité de sens des deux formes dialectiques zaraf et dalaf, c’est que la même divinité qu'Hésychius appelle Delefah se nommait Zerifah sur la côte de Palestine, à Ascalon !, et que, d'autre part, cette Zerifah est qualifiée par Hérodote de Vénus Uranie. Ce ne peut être qu’à cette dénomination, en effet, que se FAnpate le passage suivant du père de l'Histoire :

« Les Scythes avaient déjà pénétré dans la Palestine syrienne, lorsque Psammitique, roi d'Égypte, qui était venu au devant d'eux, les décida, par ses prières et ses présents, à rebrousser chemin. Ils s’éloignérent donc et traversérent la ville d’Ascalon, sans y faire de mal, à l'exception d’une petite troupe d’entre eux, qui était restée en arrière et qui, en passant, pilla le temple de Vénus Céleste *. » Or, il est incontestable que parle nom d’Aphrodite Uranie ou Vénus Céleste, appliqué à une divinité phénicienne, les Grecs entendaient Astarté %, qui était vierge comme cette Vénus et qui, de même que cette Vénus encore, déterminait la fécondité féminine. La Bible témoigne, du reste, que la Zerifah ou Aphrodite Uranie d’Ascalon était bien effectivement la même qu'Astarté : « Les Philistins (après leur victoire de Gilboë), est-il dit au livre I" de Samuel”, coupérent la tête de Saül (trouvé sur le champ de bataille) et lui enlevérent ses armes, qu'ils déposèrent dans le

1. Abodah Sarah, à la fin de la Gemara de la Mischna III : « Rab à dit qu'il y avait cinq grands temples sur la terre, à savoir le temple de Bel à Babylone, le temple de Nebo à Courci, le temple de Tirghatha à Maboug, le temple de Zerifah à Ascaton, et le EDOE de Néschr: en Arabie. »

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