‹ Les origines de la religionChapitre 172 sur 219 · Laconie, c. XX. . ce · texte numérisé non relu

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MIE, ed ANNA=DIDON

ppt, était consacré aux sept corps sidéraux errants, que

l’on y adorait sous forme ou cippes, comme au tumulus du cheval, d’où le nom de «temple des sept pierres noires! » donné à la pyramide et celui de « ville des sept pierres noires ? » que portait la ville sainte d’Ourouk. L'identité du tumulus et de la pyramide, d’un côté, et celle des sept cippes et des cabires-serpents, de l’autre, ne nous parait, d’après ces rapprochements, devoir laisser aucun doute. Si, maintenant, on veut bien se rappeler que la dénomination An, qui désignait tout à la fois la pyramide et le tumulus, ainsi que nous l’avons démontré au chapitre précédent, était fréquemment accompagnée dans l'écriture d’un signe complémentaire prononcé Æ%, de

manière à donner un composé An-K1, il devra sembler .

difficile de méconnaitre dans le tumulus d'Anchise un véritable An-ki ou swblevatio terræ, type originel des sanctuaires que nous venons de dire. Le: prêtre attaché au service du tumulus et le bois sacré qui y appartenait prouvent, du reste, qu’on à affaire ici à autre chose qu’à un simple monument commémoratif :

*,... Tumuloque sacerdos Ac lucus late sacer additur Anchisæo.

Dans cette partie reculée de la Sicile, où le poëte place le tombeau d’Anchise, des traditions anciennes, rappelées par Thucydide lui-même #, faisaient aborder une partie des Troyens échappés à la ruine d'Ilion. Ces Troyens, réunis aux Sicanes, auraient pris le nom d’'Elymes et fondé Drépane, Éryx et Segeste. Le nom des Elymes rappelle celui des Solymes, la consonne initiale de ce dernier ayant très-bien pu permuter avec un esprit doux ou rude, comme dans Segeste, que l’on trouve écrit Égeste chez

1. Rawlinson et Norris, Cun. Inscript. of W. Asia, II, 50, I, 55-57.

Re V, 760.

one VI, 2.

les auteurs STE cs de sorte que, à première vue, on peut conjecturer qu’on est ici en présence de ia chose. de sémitique*. 6

Cette présomption est ensuite confirmée par les mythes relatifs au règne de Cronos ou Saturne dans l'ile, aux expéditions d'Hercule, aux migrations d’Iolas, et surtout par le culte des Paliques, qui ne différaient point des Pénates troyens, et par celui de la Vénus d’ Éryx, divinité identique à l’Anna-Didon de Carthage. Le Cronos sicilien

“n’est autre que le cruel Baal-Moloch des Sémites, auquel

on donnait à dévorer des enfants, comme Hercule et Iolas sont les mêmes que Melkarth et Jubal ?. Le point important à noter, pour ce qui concerne notre sujet plus particulièrement, c’est la présence sur la côte sicane, dans les parages où Virgile met le tumulus d’Anchise, de traces évidentes de chthonisme énéen. Disons d’abord que, en Sicile, les éwmuli passaient pour des tombeaux de Saturne *

Or, à Drépane, où aborda la flotte troyenne et où mourut le père d'Énée, ce même Saturne aurait jeté loin de lui la faux dont il s’était servi pour châtrer son père Uranus, d’après ce que raconte Pausanias “, Mais si l’on veut bien considérer que Drepanon, en grec, c’est-à-dire dans la langue du peuple qui vint, en Sicile, se superposer aux Sémites, a le sens de « faux » ou « serpe », on ne pourra guère se refuser à admettre avec nous que la « faux » de Saturne n’ait été associée au nom déjà existant de Drépane par un simple jeu de mots. Drépane, fondée par des enfants de Cousch ou de Sem, devait être un nom sémi-

1. Une tradition, rappelée plus loin, fait partir Saturne d’un point septentrional de la côte syrienne, ce qui pourrait se rapporter au golfe de Cilicie et, par conséquent, au pays des Solymes, dont Saturne avait été primitivement le dieu archigète.

2. Movers, Die Phœnizsier, t. II, 2° partie, pp. 309 et suiv.; Un= tersuch. über die Religion der Phœnizier, p. 536.

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