I. DS
paraît finalement confirmer les conjectures énoncées. C’était, en effet, une Aphrodite Ænæa, la même que la Vénus troyenne; d’après la tradition rappelée par Virgile, Énéé aurait lui-même construit le temple qui lui était con-
sacré : à « Cependant Énée trace avec la charrue l'emplacement
de la ville... Il marque le forum... Un Re est élevé à Vénus Idalie sur le sommet de l'Éryxt.
Les Romains tenaient si bien cette Vénus pour énéenne, que, une fois maitres de la Sicile, après la paix de l’an 241 avant J.-C., un de leurs premiers soins fut de rehausser par toutes sortes d’honneurs la gloire de son sanctuaire, auquel ils rattachaient les plus pieux souvenirs de famille ?; et en l’an 537 de Rome, 217 avant notre ère, après la bataille du Trasimène, les Décemvirs, sous l'inspiration des livres sibyllins, vouèrent à la Vénus Érycine son premier temple et. un lectisternium, où elle figurait en compagnie de Mars 8, L'introduction de ce culte ne contribua pas peu, selon les auteurs, à relever à Rome le mythe d’ Fe née *, dont le point de départ immédiat, pour tout le Latium, était ce même pays des Élymes. Or, le caractère de la Vénus Ænæa d'Éryx était éminemment chthonien, reproduisant les deux aspects, virginal et hétaïrique, de la divine Mère. Elle portait bien le nom de Vénus Uranie ou Céleste Ÿ, exactement comme l’Anna-Didon de Carthage, mais, de même que cette dernière, elle ne s’en rattachait pas moins à une origine tellurique par les prostitutions sacrées dont s’accompagnait son culte. Saint Augustin, associant la Céleste de Carthage à la Grande Mère phry-