‹ Les origines de la religionChapitre 18 sur 219 · Der Ursprung der Sprache. 2. De l'Origine du Lungage · texte numérisé non relu

Der Ursprung der Sprache. 2. De l'Origine du Lungage

Ce Dieu, vieux souverain détrôné, qui, dans Eschyle, offre à Prométhée les conseils de son expérience, et parait craindre surtout d’être accusé de « radotage ! », c’est le bon Océan, puissant autrefois, maintenant sans empire. Doux et résigné comme un vieillard désintéressé de toutes choses, il vit retiré hors de l’Olympe et loin du mouvement agité des autres immortels. Son grand âge ne lui permet plus d’avoir d’enfants et influe même sur son humeur, qui est assez difficile; aussi « se tient-il depuis longtemps éloigné de son épouse, la vénérable Téthys, et des caresses du lit nuptial ?». Un dragon ailé, ici symbole de l’orbe du monde et d’une antique souveraineté, le promène dans les airs : « Pour venir te voir en ces lieux, Ô Prométhée, — lui fait dire le poëte, — j'ai traversé d'immenses espaces, monté sur ce dragon aux ailes rapides, que, sans le secours du frein, dirige ma volonté. * » Or, cet Océan, qu'Hésiode, en faisant de lui le fils d’Ouranos et de Gæa“, a déjà entièrement méconnu, est encore représenté dans Homêre comme le père des dieux et la genèse de toutes choses”, de sorte que Thalès aurait, au fond, reproduit une très-ancienne idée de sa nation, en disant que l’eau était le commencement ou principe de tous les êtres : "Yôwp doyà roüv évrev €,

Néanmoins, il ne faudrait pas croire, comme semble le suggérer cet aphorisme et comme Preller’ se l’est imaginé, avec tant d’autres mythographes, qu'Océan n’ait été, pour les ancêtres des Grecs, que le principe humide, ou que ce

1. Eschyle, Prométhée enchaîné. Océan à Prométhée : « Peutêtre mes paroles te semblent-elles un froid radotage, »

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