I. — QU'EST-CE QUE DIEU? QU'EST-CE QUE LE TOUT? Il
principe dût s'entendre exclusivement de l’eau considérée uniquement dans ses propriétés de fécondation ou même dans son antériorité relative. Ces deux côtés de l’'Humide ont contribué beaucoup, il est vrai, à accroître le respect religieux dont il a été l’objet de si bonne heure, dès les premières tentatives mêmes de la spéculation religieuse : la suite de cè travail montrera le rôle important que l’eau a joué comme principe de fécondation et comme élément cosmogonique. Mais à l’origine, avant que les auteurs de cosmogonies eussent élevé la sensation à l’état de notion déterminée, en substituant à l’idée de force l’idée plus abstraite de cause, Océan et les Eaux primordiales des mythologies n'étaient rien moins que des principes élémentaires. C’étaient de simples impressions, avec l’idée d’eau transportée dans les régions supérieures par suite d’un mirage.
Ce mirage, la plupart des cosmogonies et des traditions religieuses le reflêtent d’une manière assez distincte, pour qu'il ne soit guëre possible de s’y méprendre. Dans la Genèse, par exemple, le Ciel, comme l'Océan et l'Ouranos des Grecs, est une immense mer soutenue par une voûte solide ou firmament ,! où Dieu se contenta de pratiquer çà et là quelques brèches pour produire le déluge *. Tout l’Orient sémito-conchite, du reste, a gardé le souvenir de ces eaux primordiales, entendues dans le sens que nous disions plus haut. Suivant Bérose, une mère divine du nom d’Omoroka régnait originairement sur les eaux du Chaos, et les Babyloniens la nommaient Thalatth®, ce que les Grecs interprétaient par Thalatta, qui veut dire mer dans leur langue. Il est bien vrai que, en traduisant ainsi, les