‹ Les origines de la religionChapitre 189 sur 219 · VII. — ANNA-DIDON · texte numérisé non relu

VII. — ANNA-DIDON

néralement au centre même de la cité”, où, comme les temples de Tirghata, la déesse syrienne, à Hiérapolis, et de la Terre à Delphes, ils symbolisaient soit le kteis, soit le nombril du monde*. Nous savons, d’ailleurs, par Justin que, jusqu'à la fin de la république punique, Didon fut honorée comme une déesse, ce qui, chez un peuple d’origine sérhite, ne saurait s'entendre d’un être humain élevé à la divinité : quand les Grecs et les Romains parlent de héros carthaginois, syriens, assyriens et babyloniens, les noms qu’ils citent comme ceux de héros assimilés aux leurs prouvent, du reste, qu’ils ont été trompés par des ressemblances purement extérieures. Nul doute, par conséquent, que Didon ou Elisa, dont l’origine énéenne est confirmée par son association avec une prétendue sœur du nom très-significatif d'Anna, qui n’est absolument que le reflet d’un de ses deux aspects, n’ait été l’Anath-Astarté dont il a été question ; nul doute aussi que ce ne soit elle que les Romains et les Grecs aient voulu désigner sous les dénominations de Junon*, Uranie, Vierge céleste, Vesta”, Dianef, Cérès”, Vénus, Mère des Dieux, Rhéa*,

F Cf. Vitruve,, L:T.

2. Lucien, De De Syria, 28. Nous avons prouvè que la Tirghata d'Hiérapolis était un kteis, et nous savons que le temple de Delphes, originairement à la Terre, passait pour en être le nombril : y%5 auparos. Pindare, Pyth., 4, 131, 6, 3, 8, 85. 11, 16. Eschyle, Euwménides, 40. Cf. Pausanias, X, 16, &.

3. XVIII, 6. Quamdiu Carthago invicta, pro dea culta est (Elissa). |

4, Saint Augustin : Juno sine dubitatione ab illis (Pæœnis) Astarte vocatur, Quæst. 16 in Jud. On a vu plus haut que, tandis que Virgile attribue le temple de Byrsa à Junon, Silius Italicus le place sous le vocable d'Elisa. Cf. Pline, Hist. nat., VI, 36. Mythogr. Mauc:1,215; etc.

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