Euseb. Præp. Ev., IX
Grecs ont été séduits par la simple consonnance de deux mots absolument étrangers, pourtant, l’un à l’autre, puisque le sémitique Thalatth n’est qu’une forme de Moledtha ou Mylitta et signifie proprement la Génératrice ; mais il est certain aussi, comme le fait observer Movers', que l’idée contenue dans ce dernier terme répond à celui de la traduction. M. Fr. Lenormand croit que Thalatth est une erreur de copiste et qu'il faut lire Thauatth, ce que paraît autoriser, d’après cet auteur, « la comparaison avec la Tauthê (Tavôn) de Damascius et avec la Tihavti des textes cunéiformes * ». Mais ce dernier mot étant celui que la langue assyrienne affecte de préférence à la désignat'on de la mer en général, notre thèse reste la même. La division de cette Tihavti ou Thalatth, qualifiée d’'Omoroka par Bérose, en deux parties égales, dont l’une a formé le Ciel et l’autre la Terre, est, d’ailleurs, le type mythologique de la separation des eaux de dessus de celles de dessous, dont parle la Genèse *, et suppose à la base de l’idée, quelque forme qu’elle ait prise plus tard, un véritable Océan du genre de celui des Grecs. C’est dans cet Océan, transformé par le mirage dont il a été parlé ci-dessus, que Dieu concréfia le détail de sa création : Firmavit lerram super aquas *.
D'après le Rituel funéraire égyptien, au commencement était le Now, l'Océan primordial, dans les profondeurs infinies duquel, dit M. Maspero, flottaient confondus les germes des choses 5.
Les Aryas, de leur côté, avaient connu, avant leur sépa-
1. Untersuchungen über die Religion und die Güttheiten der Phœnisier, p. 587 et suiv.
2. Essai de Commentaire des Fragments cosmogoniques de Bérose, p. 86.
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4, Ps. CXXXV, 6.
= . . - lu À 9. Histoire ancienne, 1. 1, e. 1°", p. 27.