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L: VII. — ANNA-DIDON

Les deux côtés du mythe ne pouvaient, ce semble, être mieux indiqués que par cette opposition. À mesure qu’il se développe, on le voit même se compliquer d’un trait qui, tout en paraissant en altérer la donnée première, confirme l’origine chthonienne et énéenne de tout le drame. Dans la seconde moitié du IV® chant de l’Énéide, Anna- Didon se dédouble dans un tout autre sens; le côté Anna reste seul énéen, et l’autre côté s’y oppose sous la forme chthono-solaire de l’époque de transition de la mère à l'épouse, époque d’hermaphrodisme où, sans sortir de lui-même, le principe générateur devient mâle et femelle : eadem mas et femina. Dans cette phase du mythe, Didon se transforme, et alors elle est à Anna ce que Ninus-Sandan est à la fabuleuse Sémiramis, dont l'identité avec Ischtar, Astarté, Atergatis, Tanaïs, et, conséquemment, avec Anath et Anna a été démontrée; ce qu'Hercule est à Omphale; ce que le mâle, passé à l’état de feu central et de soleil phallique, est à la Mère dont il est issu, qu'il féconde et dans laquelle il se résorbe et meurt, pour renaître et continuer, dans la donnée d’une mère éternelle et seule immuable, alpha et oméga de la nature entière, le va-et-vient de la vie et de la mort. Le bûcher qu’Anna dresse dans l’intérieur du palais + où elle dépose les armes d'Énée, son épée et son image!, rappelle ces pyras symboliques des fêtes énéennes orientales, sur lesquels le dieu-soleil était brülé en effigie, et ceux encore que, au terme d’une période solaire, se préparaient les phénix

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