‹ Les origines de la religionChapitre 3 sur 219 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

donné n'est pas plus providentiel que tel autre possible, il *y a donc lieu de tirer de ce qui précède cette conclusion : qu’une logique inflexible, dont le travail ne se laisse le plus souvent apercevoir que dans ses résultats éloignés, préside aux évolutions de l’humanitè. Et il en est du développement moral comme du développement physique, l’homme se fait sans que sa conscience puisse saisir le progrès à mesure qu’il s'effectue. Le bourgeon saillit de la tige, la fleur s’irradie, le fruit se montre et mûrit, et notre œil n’a pu suivre aucun de ces mouvements : notre mémoire seule, en rappelant pour la comparaison les divers états perçus dans la série des effets, réussit à les identifier en un même ensemble. Il faut, en conséquence, pour que l'identification de cet ensemble à lui-même puisse être opérée d’une manière sûre, que le temps l’ait préparée, ce qui revient à dire que, pour les formations à parties successives, où l'observation immédiate ne porte que sur des détails, la vue de l’enchaînement logique énoncé plus haut ne s'obtient qu’à un moment plus ou moins avancé de l’évolution. Aussi ne doit-on pas être surpris, en décomposant l'Histoire par l’analyse, ce grand levier de la conscience humaine, d’y constater des rapports d'effets à causes que le trop grand rapprochement des acteurs du drame ne leur permettait point de voir s’enchaîner entre eux. L’obstination avec laquelle tant de faits s'étaient jusqu'ici refusés à toutes les explications, prouve qu’il y a des choses dont l'entière intelligence était subordonnée au progrès général.

Si l’homme, seul entre tous les animaux, peut avoir une histoire, c’est que l’histoire est esprit. Elle est la con-

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