VIII. — ANNA PERENNA
tumulus élevé par Gygès !, celui d’Alyattes et tous les tumuli entourant le lac Coloë sont dits avoir appartenu ?. Nous sommes autorisé à inférer de ce dernier trait que les tumuli caro-lydiens, dont un en particulier portait le nom très significatif de tombeau d’Anæa, étaient de véri-
tables Anna-Pornê, un composé qui, ramené au sens pri= mitif de ses éléments lexiques An et porné, voudrait dire littéralement le « tumulus hétaïrique » ou, en termes
moins matériels, le «sein de l'universelle Mère. » Si, comme le prétendent avec une très grande apparence de raison tous les étymologistes, le mot porné (rôpvn) appartient bien à la racine perna-6 (repvéw et méovmm), qui signifie « vendre » et «trafiquer », l’Anna Perenna serait une Vénus vénale, répondant exactement de la sorte à la Vénus Uranie d'Éryx et à l’Anath des Succoth-Benoth, à qui les hiérodules femmes consacraient le produit du débit qu’elles faisaient de leur corps. Le nom de cette fête, avec le souvenir des prostitutions sacrées qui s’y rattachaient, s'était conservé, du reste, sur la côte libyque, où Valère Maxime place un sanctuaire de Vénus
Sicca, dans lequel les matrones sacrifiaient religieusement
à la déesse leur propre chasteté®. D'aprés Solinus, ce sanctuaire était d’origine sicilienne, et la Vénus qu’on y honorait n'aurait même été que la Vénus Érycine#, ce qui veut dire, au fond, que la Vénus Uranie d'Éryx,
St à F