‹ Les origines de la religionChapitre 206 sur 219 · Cléarque, dans Athénée, 1. c · texte numérisé non relu

Cléarque, dans Athénée, 1. c

2. Strabon, XIII, p. 627. Chandler, Voy. dans l'Asie mineure, II, à vu cinq twmuli parfaitement reconnaissables encore autour du lac Coloé, entre autres celui qu'ont décrit Strabon et Hérodote sous le nom de tumulus d’Alyattes,.

3. Valer. Max, Il, 6, 15 : Siccæ fanum est Veneris, in quod se

matronæ conferunt atque inde procedentes ad quœstum, dotes cor-

poris injuria contrahebant, honesta nimirum tam inhonesto vinculo conjugiajuncturcæ.

4. Chap. 30 : Clypeam civitatem Siculi extruunt et Aspida primum nominant; Veneriam etium, in quam Veneris Erycinæ

Qu” :

+ 28 LES ORIGINES DE LA RELIGION y k celle-là même qui fut transportée par Énée en Italie

. où nous venons de voir qu’elle se confondait avec Anna,

était bien réellement tenue pour identique à l’Anna-Didon

de Carthage.

L'association d'Anna avec le dieu Mars a encore un côtè intéressant, sur lequel nous devons insister, pour complément de preuve. D’aprés le récit d’Ovide, c’est à Mars Gradivus qu’Anna joua le tour que la fête des bords du Tibre aurait eu pour objet de rappeler : venit Gradivus ad Annam. Oe trait est caractéristique. Il y avait à Rome un double Mars, le Mars d'origine sabine ou Quirinus et le Mars palatin de la Regia ou Gradivus. L'un et l'autre avaient pour symbole la lance et le bouclier; mais la lance de Quirinus n’était guère qu’une lance courtoise, tandis que celle de Gradivus était la lance en arrêt ou combattante : « Quand Mars s’agite, dit Servius, nù on l'appelle Gradivus ; quand il est calme, c’est Quirin ti » Or,

ce Mars Gradivus, que nous venons de voir associé à Anna

ans une légende où ontévidemment été fondus, sous cette (ie et celle de Minerve, les deux aspects, hétairique et virginal, de la Mère divine, avait tout particulièrement pour prêtres et desservants de son culte les Saliens du Palatin, type de ceux que Tullus Hostilius donna plus tard pour prêtres également au Mars sabin du Quirinal ou Mars Quirinus et que l’on appela, afin de les distinguer des premiers, du nom de Salii Collini et Salii Agonales, dérivé de celui de la colline. Ces Saliens Palatins, qui desservaient le sanctuaire de Mars Gradivus dans la Re-

j religionem transtulerunt. Inutile de faire ressortir que les Kici- F liens n’ont pu transporter en Afrique le culte de leur Vénus d'Éryx et que c'est l'inverse qu'aurait dû dire Solinus. 1. Virg., En., I, 292. Ailleurs, le même scholiaste dit encore « Quirinus autem est Mars qui præest paci, et intra civitatem a A No Mars extru civitatem templum habuit. Id.,

| A k Là L »

où VIII. — ANNA PERENNA NE ET Je.

YABLES

gia, dont nous avons dit que le temple de Vesta était ame dépendance, sont qualifiés par Servius de desservants de culte des Pénates ‘. Ce trait confirme l'identité établie plus haut entre la lance des Pénates et celle de Mars, et, par conséquent, l'identité idéale des deux dénominations, du moins, cela va sans dire, dans le rapport où elles se trou-

vent ici entre elles. Le Mars Gradivus était donc un ithy-

phalle, et c’est ce qui explique pourquoi, comme divinité printanière, à laquelle appartenait de droit le ver sacrum, il présidait à toutes les fécondations de la nature *. C’est encore poipaDIenent ce qui à fait reporter au mois de Mars et attribuer à l'inspiration même du dieu ce fameux enlèvement des Sabines, qui rappelle si bien lexogamie dont il a été question au chapitre LIT de cet ouvrage. Ovide a, sur ce fait, un récit que lOus Croyons conforme à la tradition mythique et qu’il n’a certainement pas imaginé. S'adressant à Gradivus lui-même, le poète lui demande pourquoi les femmes célèbrent tout particuculièrement sa fête :

« Après avoir déposé son casque, mais en tenant tou.

jours à l& main la lance de jet, le dieu répondit : « C'est la première fois que, dieu des armes, je suis invoqué dans les travaux de la paix : je porte mes pas dans un camp nouveau, et n’en suis pas fâché ; il me fait plaisir, au contraire, de figurer aussi dans ce rôle, pour que Minerve ne croie pas être la seule à le pouvoir de même. Apprends donc, vaillant chantre des mois latins, ce que tu désires sayoir et grave bien mes paroles dans ton cœur... Déjà les Romains avaient un nom plus grand que leur territoire, mais il leur manquait des épouses et des alliances... J'en

1. Salii....…. sacra Penatium curabant.-Serv., in Æn.,Il, 325.

2. Isidor. Orig., V. 388, 5 : Martius propter Martem Ro. gentis auctorem vel quod eodem tempore cuncta animantia agantur ad mares et ad concubendi voluptatem. Preller, He Mythol., p. 360. ré uèé vd

es

étais affligé : « Plus de prières, dis-je à Romulus; je tai donné le tempérament de ton père ; ce que tu demandes, tu l’auras par les armes. »

Ovide décrit ensuite l’indignation des Cures ou Sabins, la guerre « entre beaux-pères et gendres », qui suivit l’enlèvement, et les Sabines devenues épouses des Romains se précipitant, les cheveux épars, leurs enfants dans les bras, au milieu des combattants et réconciliant leurs pères avec leurs époux. Puis le poëte, qui attribue à Mars la gloire de ce résultat, met dans la bouche du dieu, entre autres paroles, celles-ci, qui sont tout à fait significatives :

« Aussi les mères Œbalides' se font-elles un grave devoir de célébrer mes calendes au premier jour du mois... Est-ce parce qu’Ilia ? me dut une heureuse fécondité, que les mères me rendent un culte et fêtent le jour qui m’appartient ? Ne serait-ce point parce qu’alors l'hiver, avec son manteau de glace, se retire enfin, et que les neiges fondent devant les tièdes rayons du soleil; que les arbres, tondus par les frimas, reprennent leur chevelure ; que l’humide bourgeon jaillit du jeune cep; que l’herbe, longtemps cachée, trouve des voies secrètes pour saillir à la lumière; que les champs se fécondent; que le moment de la reproduction est venu pour les troupeaux, et que l'oiseau sur la branche prépare (pour sa couvée) un toit et un abri? C’est donc à bon droit que les mères Latines, dont l’enfante-

1. Ce nom, dérivé d'Œbalos, roi mythique de Sparte, où il avr

heroon, et père de Tyndare , était étendu en poésie à tous les Laconiens et Spartiates, qui, d’après une tradition rappelée par Denys d'Halicarnasse (II, 49), Caton (Serv., V. A. VIII, 638), Sihus Italicus (11,8; VIII, 412; XV, 546), auraient été les pères des Sabins.

2. Autre nom de Rhea Silvia, la mère de Romulus. Les anciens poëtes latins Nævius et Ennius ont dit qu'Ilia était fille d'Knée et de Lavinie.

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