Ovide, Fastes, III, 171 et suiv
Quum sis officiis, Gradive, viribus aptus, Dic mihi matronæ cur tua festa colant?
SIC ego ; sic posita dixit mihi casside Mavors, Sed tamen in dextra missilis hasta fuit :
Nunc primum studiis pacis, deus utilis armis, Advocor, et gressus in nova castra fero; Nec piget incæpti; juvat hac quoque parte morari , Hoc solam ne se posse Minerva putet.
Disce, Latinorum vates operose dierum, Quod petis, et memori pectore dicta nota..
Jamque loco majus nomen Romanus habebat; Nec conjux illi, nec socer ullus erat. El Indolui, patriamque dedi tibi, Romule mentem : Tolle preces, dixi ; quod petis, arma dabunt, . e . . . ° 0 . ° . ° e e . . h . ° . ° ° . . Inde diem, quæ prima, meas celebrare calendas (Œbalides matres non leve munus habent,.
An quod erat de me feliciter Ilia mater, Rite colunt matres sacra diemque meum?
Quid ? Quod hiems, adoperta gelu, nunc denique cedit, Et pereunt victæ sole tepente nives ?
Arboribus redeunt detonsæ frigore frondes, Uvidaque a tenero palmite gemma tumet. Quæque diu latuit, nunc se, qua tollat in auras, Fertilis occultas invenit herba vias.
Nunc fecundus ager ; pecoris nunc hora creandi ; - Nunc avis in ramo tecta laremque parat.
Tempora jure colunt Latiæ fecunda parentes, Quarum militiam votaque partus habet.
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reproduire par une pieuse imitation les mouvements mêmes de l’action divine, s'explique naturellement. Elle consistait en bonds et frétillements assez semblables, moins les contorsions de la face, à la maladie connue sous le nom ridicule, suivant l'expression du docteur Bouteille {, mais tout à fait significatif, de danse de Saint- Wit ou de Saint- Guy. Les Saliens l’exécutaient pendant la fête des Ancilia ou Boucliers sacrés, qui se célébrait au mois de mars, comme celle d'Anna Perenna. Vêtus d’une tunique bigarrée, avec plastron d’airain sur la poitrine, tenant une pique de la main droite, un bouclier de la gauche, et la tête couverte du bonnet pointu surmonté de l’apex, les prêtres de Gradivus parcouraient la ville en dansant, comme il vient d'être dit, suivant une mesure à trois temps appelée tripudiwm et au son de la flûte*. Denys d'Halicarnasse compare cette danse à ce qu’il appelle le « courêtisme (xovpntiouos) *, qui se rapprochaït beaucoup luimême de la danse corybantique de Crète et de Phrygie ou encore de l’hyporchéme (brôpynux) et du geranos (yéoavoc), toutes mimiques crétoises, analogues à notre farandole méridionale et reproduisant, par leurs évolutions enchevétrées de va-et-vient, les sinuosités du labyrinthe, ainsi que le dit Plutarque “. Le labyrinthe, comme nous croyons le démontrer au chapitre XVI de cet ouvrage, figurant le ventre maternel de la Terre avec toutes ses circonvolutions intéstinalesi la danse corybantique ou le geranos + LE 1. Voir la monographie que cet auteur y a consacrée.
2. Salios duodecim Marti Gradivo legit tunicæque pictæ insigne . dedit, et super tunicam æneum pectori tegumen cœlestiaque arma, quæ ancilia appellantur, ferré ac per urbem ire canentes carmina cum tripudiis solemnique saltatu. Tite-Live, I, 20. Cf. Denys, I, 70, 71 ; Plutarque, Numa, 13; Serv., V. Æ. VIII, 285, etc.
4. Thésée, XIX. Le geranos ou la grue se danse encore aujourd'hui en Grèce sous le nom de Candiote. Guys, Voyage littéraire de
la Grèce, Lettre XIII; Leroy, Ruines des plus beaux monuments
de la terre, 2° éd., p "a X, #
VIIILL — ANNA PERENNA 283
avait pour objet d'en mimer les contours, il n’est pas trop hardi d’inférer de là que le éripudium hastatum des prêtres Saliens, qui dut s’y substituer, n’était bien réellement que le résultat de la transition d’un symbolisme féminin à un symbolisme masculin. Le bonnet pointu surmonté de l’apex, que portaient aussi les Flamines, confirme, d’ailleurs, le sens de la danse. Le symbolisme de ce bonnet mâle ressort clairement, en effet, du contraste avec l’inarculum dont la Flaminica dialis se parait la tête dans les cérémonies qu’elle présidait. L’inarculum était une branche de grenadier, et la grenade était l'emblème de la fécondité maternelle. Servius'aurait donc eu raison de comparer, comme il le fait, l’épithète de gradivus au grec thourios ‘, qui était aussi une des qualifications de l’Arès hellénique, si, au lieu de ne voir dans ce mot que le sens martial d’ « assaïillant, impétueux », il s’en fût tenu à celui qu’il avait plus particulièrement à d’origine. Le verbe grec {howroû (Qouodw), d’où est dérivé le Surnom de fhouwros ou thourios donné à Mars, signifie rigoureusement « bondir »et<«saiïllir >», ce dernier sens avec l’acception également de l'actif français qui y correspond, ainsi que cela ressort des inférieurs de l’idée, comme fhouras (Bovouc), thourœæos (foupatoc), « lascif » et « lubrique », thouwrés (Bobons), un « étalon ». D’après cela, il paraît y avoir lieu de rattacher le nom même des Saliens, non pas seulement au sens neutre de « bon et « sauter » du latin salio, mais encore au sens actif qu’à ce verbe et que reflètent si crûment le inférieurs salax, salacon, etc.
Le caractère de Mars et celui d'Anna, celle-cindédoublée en Anna proprement dite Minerve, sont done bien Ru d'après ce qui précède, tels que nous les avons définis.
Une remarque s'impose ici d'elle-même. Des deux'côtés
1. V. E. II, 35 : Gradivum 0oÿptoy "Apna id est eæsilientem in prælia. &s. | * j dd
de la grande Mère divine tirée de l’état neutre primitif, l’un représentant la femme-mère par rapport au mâle, l’autre l’épouse par rapport au mari, le premier répond à la période hétairique : c’est celui que, à Rome, sous les noms d'Anna, de Vénus Érycine, Volgivaga, Genitrix, Murcia et Murtea, Libitina, Salacia, Verticordia, Calva, honoraïit tout particulièrement cette ancienne plèbe sans ancêtres, sans pères, sans famille, dont les mariages n'étaient que des accouplements et les enfants des spurii ou bâtards. Le second côté, celui que nous appellerons le côté maternel conjugal, ne remonte pas plus haut que le patriciat, qui date lui-même de lesogamie. Le père, avec l’idée de famille, étant postérieur au mâle, l’'épouse-mère est venue après l’hétaire. Et l’une et l'autre, la mère hétaïrique et la mère conjugale, comme dédoublement successif du complexus neutrius generis originel, ont été précédées, antérieurement à l'affirmation de l'époux et du mâle, de la mère concevant et enfantant d'elle-même ou de la vierge-mère. Le patriciat, qui fut un progrès, paraît néanmoins avoir eu d’abordla forme adoptive, quelque chose tenant le milieu entre l’hétaïrisme et la vie de famille : c’est ce que prouve l’exclusion donnée aux enfants qu'avait nommés la mère, au profit de celui-là seul, ordinairement l'aîné, qui devait son nom au pére‘. La paternité n’est bien caractérisée, cette fois comme opposition à l’hétaïrisme, non plus comme superposition, que dans les familles aryennes, par les justes noces. Ces justes noces, de même que les justes enfants, Justæ nuptiæ et justi liberi, soit, en d’autres termes, les noces et les enfants du droit, selon la véritable étymologie et le sens originel du mot justus en latin, n’existaient que pour la classe patricienne; quant à la plèbe, elle était hors la loi, ne partici-