VIII. — ANNA PERENNA
landrins, s’y entassait pêle-mêle avec les petites gens :
c'était toujours à peu près le vieil Asile des frères jumeaux, la sentine des vices misérables au grand jour de cette
Rome, où, suivant l'expression de Tacite, « affluaient et s’'étalaient tous les dérèglements et toutes les turpitudes!. »
De lAventin partit le mouvement populaire qui fit la grande Rome antique; de là est parti aussi le mouve-
ment qui à fait la Rome non moins puissante de la catho= |
licité. C’est de la fange des bas quartiers méridionaux de la ville éternelle, en effet, que s’est élevé le Christianisme et que Rome a de nouveau tiré les éléments premiers qui devaient lui faire conquérir une seconde fois le monde. « La partie méridionale de Rome, porte Capène, voie d’Ostie, voie Appienne, voie Latine, fait très justement observer M. Renan, forme la région autour de laquelle semble se concentrer, du temps de Néron, l’histoire de l'Église naissante ?. » La multitude immense, — multitudo ingens, — selon l'expression de Tacite, de ceux qui, s’avouant chrétiens ou dénoncés comme tels, périrent dévorés par les bêtes, sur la croix ou enduits de résine brûlante, dans ces terribles journées de Juillet de l’an 64, l’exécrable monstre impérial l’avait en très grande partie prise d’un coup de filet dans le voisinage de l’Aventin et du Cœlius, les deux collines du sud, qui furent, comme le dit dit très bien Ampère, le Héron des plébéiens primitifs *. L'établissement de la royauté, immédiatement après la prise du Palatin par les hommes de la Remoria Aventine, eut pour objet de consacrer le triomphe de la plèbe. Dans la race patricienne par excellence, celle des Aryas, le roi s'offre d’abord comme un tyran, la plupart du temps sorti
du patriciat lui-même ou de la race aryenne, mais toujours à