‹ Les origines de la religionChapitre 4 sur 219 · PRÉFACE Ÿ · texte numérisé non relu

PRÉFACE Ÿ

science de l'espèce pensante, une sorte de psychologie de l'humanité : n’y voir qu’une conglomération de faits à peine liés entre eux, c’est ne voir dans l’homme qu’une masse de chair. Et parce que l’histoire est esprit, l'esprit même de l’humanité, il y a unité en elle, comme il ya unité dans l’homme à toutes Les périodes de son développement, depuis l’état originel d’indistinction et d’impersonnalité, jusqu’à celui de conscience personnelle acquise et de libre possession de lui-même. Mais pour arriver à cette hauteur de vue, — et tout homme de bonne volonté le peut aujourd’hui, avec les moyens que l’expérience des âges a mis à notre disposition, — il faut savoir s’abstraire de son propre milieu, ne point le considérer comme type absolu du vrai, du beau et du bien, et être, au moins, assez sage pour supposer qu'au dehors il y a autre chose que mensonge, laideur ou vice. On ne voit rien, en effet, si l’on veut voir le monde entier dans le seul coin de terre qu’on habite, toute l'humanité dans la société restreinte à laquelle on appartient, l’histoire dans l’époque et dans les seules mœurs que l’on a sous les yeux, l'absolu, en un mot, dans le relatif qui borne notre horizon sensible.

Partant de ces principes, nous étions autorisé à supposer à l’état social hétaïrique et aux religions qui s’y rattachent une autre cause que la dépravation. Celui qui, dans la lecture de ce livre, voudra bien apporter la même sincérité d'esprit et de cœur que nous avons mis à le faire, reconnaitra que, en se plaçant au point de vue scientifique général dont nous venons de parler, on pouvait difficilement échapper à la tentation d’une semblable hypothèse. Cette hypothèse, du reste, nous la croyons confirmée par

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