I. — QU'EST-CE QUE DIEU? QU'EST-CE QUE LE TOUT
Egypte d’autels ni de dévots adorateurs. C’est une simple abstraction métaphysique, tirée par les spéculateurs et les théologiens d’une époque secondaire de la masse indivise océanique, dont l’effritement, ainsi que nous nous exprimons ailleurs, a produit le polythéisme. Quand ce savant, qui ne paraît, pourtant, pas faire de la Révélation la base de da conscience, dit un peu plus dloin'que la religion égyptienne dégénéra, dans la suite, de cette pureté primitive, s’altéra et se perdit, il confond done la religion égyptienne avec la métaphysique doctrinale des écoles de théologie.
Quant à Jehovah, conçu et posé comme une volonté souveraine et absolue qui ne doit de compte à personne, ïl n’est pas seulement en dehors du monde, mais au-dessus de toute doi -et, par conséquent, insaisissable pour la raison. L’imagination peut seule l’atteindre, la foi le contenir. Ce n’est donc pas l'opposé harmonique de l'esprit humain : ma pensée n’est pas une avee lui. La foi, qui s’enivre des vins du Barmécide, peut admettre ce dont les termes se répugnent : Credo quia absurdum, quia ineptum. Mais un Dieu qui s'exprime par l’inepte, c'est-à-dire par-ce qui ne peut cadrer, —in-aptum, —'un Dieu qui ne se révèle que par la négation du maturel et pour qui le mystère est un des moyens de preuve ;-qui n’a pour règle de conduite que sa volonté libre et dont l’absolue indépendance est le titre Je plus élevé, ce Dieu n’a évidemment rien de commun avec le divin objet qui détermine en moi la notion de rationalité-et, par conséquent, celles du vrai, du bien, du beau et du juste. Dieu, de quelque facon qu’on l’entende, dans le sens physique des premiers âges comme dans le sens moral et intellectuel, est bien le milieu dans lequel nous nous mouvons et nous sommes, d’après ‘une remarque toute philosophique de saint Paul : Zn «0 vivi-