‹ Les origines de la religionChapitre 37 sur 219 · II. — MEMBRA DISJECTA · texte numérisé non relu

II. — MEMBRA DISJECTA

dieu-patron de la cité ou du melcarth. ! Comment, en effet, concilier avec le monothèisme exclusif des temps postérieurs ce commandement étrange : « On ne parlera point mal des dieux que vénèrent les autres nations ; on ne pillera point leurs temples, et l’on ne détournera pas les choses offertes à quelque divinité que ce soit ? ? » D’autre part, quand les trois hôtes que reçut Abraham à Mamré sont qualifiés tantôt d’ANASCHIM ou « hommes » et tantôt de MALEAKHIM Ou « anges » Ÿ, il est difficile de ne pas voir dans le choix embarrassé de ces termes une substitution pour elohim ou melakhim #; car, outre que la restitution du sens de dieux fait cesser l'obscurité du récit, un des trois hôtes en question, le seul qui soit nommé, est précisément Jehovah. Or, s’il n’est pas possible d'appliquer à celui-ci la dénomination d'homme ou d'ange, il ne doit pas l’être davantage de la réserver pour les deux autres : le texte ne permet pas cette distinction. Du reste, en s'appuyant de ce chapitre encore pour prouver la Trinité, les Pères et les théologiens autorisent par leur exemple notre interprétation, et l’orthodoxie la plus susceptible ne peut trouver mauvais que nous fassions des hôtes mystérieux d'Abraham autant de personnes divines.

Les chapitres XVII et XVIII du livre des Juges contiennent un récit qui ne peut laisser aucun doute sur le

1. Une inscription trouvée à Malte sur un candélabre de marbre commence par ces mots : n1019 TND, que le texte grec traduit par : HPAKAEI APXHTETEI. L'expression de melcarth répond donc au grec &pynyétns, et il n'est pas téméraire de le rendre par roi de la cité, MP-TN. Ce n’était donc pas un nom propre. Cf. Fr. Münter, Religion der Karthager, p. 40.

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