‹ Les origines de la religionChapitre 39 sur 219 · II. — MEMBRA DISJECTA AI · texte numérisé non relu

II. — MEMBRA DISJECTA AI

mis de favoriser l'expédition, ‘ ils n’eurent rien de plus à cœur que d’en marquer leur reconnaissance à ce même Jehovah. Après avoir reconstruit la ville, qu’ils appelèrent Dan, du nom de leur père, fils d'Israël, ils y dressérent l’idole et établirent pour prêtre de son sanctuaire Jonathan, fils de Gersom, dont les enfants furent également prêtres des Beni-Dan jusqu'aux jours où ceux-ci furent emmenés captifs chez les Philistins.

Il ressort de toute cette histoire, qui se passait, selon ce que porte le texte, « au temps où il n’y avait pas encore de roi en Israël, » que, avant les rois, le sacerdoce, si intimement lié au culte de Jehovah, n’avait rien de l’organisation décrite dans le livre des Nombres et dans le Lévitique; que, par conséquent, le Jéhovisme, dont le sacerdoce aaronique fut la véritable expression, n’était rien moins que le culte du seul vrai Dieu, du dieu même de toute la descendance de Jacob. Le chapitre des Juges auquel il est fait allusion se sert, pour désigner le sacre sacerdotal du fils de Micah, des termes qu'emploie l’'Exode * pour caractériser celui des prêtres ‘enfants d’Aaïon: Magnificavit manum ejus. * C'était done bien un prêtre. D'autre part, le lévite juif, qui lui succéda, remplissant, à lui seul, auprès de l’idole de Micah et près du sanctuaire des dieux de ce particulier les fonctions que le livre des Nombres distribue entre les quatre familles d'Aaron, de Gersom, de Caath et de Merari, * il y a lieu de conclure que, avant d’être donnés à Aaron et à ses fils «comme un cadeau que leur firent les enfants d'Israël, » les Lévites

1. Juges, XVIII, 6 : Zte in pace, gratum Jehovæ iter quad pergitis.

20 XXVIIT, 4E.

Page 1