‹ Les origines de la religionChapitre 54 sur 219 · Lectures on Language, I ser · texte numérisé non relu

Lectures on Language, I ser

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Mais toutes les fois qu’un de ces dieux individuels est invoqué, il n’est pas conçu comme limité en puissance par d’autres dieux ni comme supérieur ou inférieur en dignité à aucun d'eux. Dans l'esprit du suppliant, chaque dieu vaut tous les dieux. Au moment de sa prière, le fidèle sent dans son cœur que le dieu à qui il s'adresse est une divinité réelle, RUES et absolue, et il n’a nulle idée de ces limitations qu’une pluralité de dieux nous semble devoir

nécessairement imposer à chaque divinité particulière. Tous les autres dieux disparaissent pour l'instant aux yeux

du poëte, et celui-là seul qui doit combler leurs vœux apparaît en une éclatante lumière dans l'esprit des adorateurs... Il serait facile de trouver, dans les nombreux hymnes du Veda, des passages où presque chaque divinité : importante est représentée comme suprême et absolue’. »

M. Max Müller cite ensuite des versets d’hymne, où perce, dit-il, le sentiment intime que tous les dieux ne sont que des noms différents d’une seule et même divinité. Un poëte, par exemple, s'exprime ainsi : « On l'appelle Indra, Mithra, Varouna, Agni; puis il est le céleste Garutmat aux belles ailes. Ce qui est un, les sages le nomment de diverses manières ; ils l’appellent Agni, Gama, Mâtaricvan*®. » Et ailleurs on lit encore : «Quoique celui qui porte les belles ailes soit un, les sages poëtes le rendent multiple par les noms°. »

On a déjà fait la remarque, pour la plupart des mythologies, que beaucoup de dieux ne sont en fin de compte que des variantes dénominatives de la même idée : numina nomina. Pour un esprit tant soit peu ouvert, il y avait déjà là un fait de nature à faciliter singulièrement les généralisations. Il est, du reste, incontestable que, pour D UE des rischis, comme pour quelques-uns des

17 Mie sur l'Histoire des Religions, I, Les Védus.

23 Rv., e 164, 46.

AMV X, 114, D.

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