Cité plus haut
peuvent valoir mieux que leurs dieux, prouve en même temps l'indépendance du principe naturel de morale.
Un satrape perse du nom de Pactyas s'était soulevé en Lydie contre Cyrus. Celui-ci envoya, pour le combattre, une armée sous les ordres d’un général nommé Mazarës. Pactyas, trop faible pour résister aux troupes du roi, prit la fuite et alla se réfugier à Cumes. Mazarès dépêcha des messagers dans cette ville, pour exiger que le rebelle Jui fût livré; mais les Cuméens, avant de prendre un parti à cet égard, demandèrent à en référer à la divinité des Branchides, dont l’oracle, sur le territoire de Milet, était très couru des loniens et des Eoliens. Ils envoyérent donc aux Branchides, pour savoir du dieu ce qu’ils devaient faire de Pactyas. L'oracle répondit qu'il fallait le livrer aux Perses. Les Cuméens, que cette réponse ne satisfit point, supposèrent d’abord que ceux qui avaient été consulter le dieu pouvaient avoir mal rapporté ses paroles et, sur l'avis d’Aristodique, un des citoyens les plus considérés, on envoya une seconde ambassade, à la tête de laquelle se trouvait Aristodique lui-même. Celui-ci, une fois les nouveaux messagers arrivés aux Branchides, posa ainsi, au nom de Cumes, la question à l’oracle : « O roi! le Lydien « Pactyas est venu chez nous en suppliant, fuyant une « mort violente, que les Perses lui eussent fait subir. Or, ceux-ci le réclament, exigeant des Cuméens qu'ils le leur livrent. Quoique nous redoutions la puissance des « Perses, nous ne voudrions pas livrer un suppliant avant « de savoir de toi ce que nous avons à faire. » À cette nouvelle question l’oracle répondit, comme la première fois, qu’il fallait livrer Pactyas. Sur ce commandement étrange, contre lequel protesta sa conscience d’honnête homme, Aristodique se mit à faire le tour du temple, en dénichant les petits des passereaux et de tous les autres oiseaux qui s’y trouvaient. Une voix, sortant alors du sanctuaire, lui cria: « Ole plus impie des hommes!
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