PRÉFACE VII
selon le langage de Bossuet, règne par delà tous les cieux et tient dans ses mains les rênes de tous les empires »; il est tout ce qu’est devenu le Jéhovah biblique, originairement un principe générateur, lui aussi. On voit encore dans ces légendes le dévot civaite, prosterné en extase devant le sacré symbole, abîmer toute son âme dans l’adoration du linga et dans la contemplation ou l'étude de ses infinies vertus.
La dépravation ne fut donc pour rien dans le principe des cultes hystéro-phalliques. Qu'elle s’y soit, néanmoins, introduite à la faveur des symboles que nous venons de dire, c’est ce qu’on ne saurait guère contester : les orgies des Bacchanales, les Cakti-poudjas de l'Inde et les sabbats de notre moyen âge n’étaient certes pas purs d'infection. Mais le sensualisme n’est pas exclusivement lié aux religions de nature ; on a vu la fureur hystérique, dans les religions d'apparence toute spiritualiste, faire dégénérer la dévotion et l’extase en des lubricités tout aussi effrénées que celles des thiases antiques : les possédées de Loudun, l'inceste spirituel: du très pieux père Girard et de la non moins pieuse Catherine Cadière, sa belle pénitente, ne sont pas les seuls exemples qu’on en pourrait citer. De là il ressort que la religion proprement dite, en tant que principe moral, est indépendante de tout symbole et des formes dogmatiques, et que ni ces formes, ni le symbole n’ajoutent rien d’essentiel à ce qui en fait le fond.
D'autre part, il n’est peut-être pas inutile de rappeler, pour plus d'intelligence du symbolisme en question, que la