‹ Les origines de la religionChapitre 7 sur 219 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

chasteté peut fort bien exister sans la pudeur, comme le prouve l'exemple des enfants et des peuples de nature. Le premier couple humain, suivant les traditions bibliques, n’aurait reconnu même qu'il avait jusque-là été nu qu’après sa chute. La pudeur est incontestablement la plus belle parure du sexe réputé faible, dont on peut la considérer en quelque sorte comme l’honneur. C’est un des caractères de la haute distinction, une marque de noblesse, une discipline, enfin, à laquelle est incontestablement liée, dans nos sociétés policées, la préservation des bonnes mœurs. Mais ce n’est qu’un vêtement, qui ne répond pas de ce qu’il habille. À Rome, la pudeur était originairement patricienne. Sous le nom de Pudicitia, elle avait un temple au Forum boariwm, et les matrones du patriciat pouvaient seules y sacrifier. En l’an 456 de la ville, 296 ans avant J.-C., une noble fille de l’antique famille patricienne des Virginii ayant épousé le consul Volumnius, qui était plébéien, ces mêmes matrones jugèrent qu’elle avait failli à la pudeur et l’exclurent de toute participation aux sacrifices. Et cependant Virginia était chaste; vierge quand elle fut mariée à Volumnius, elle n’avait jamais eu depuis à rougir de rien : uni nuptam, aû quem virgo deducta sit, nec se viri honorumve ejus ac rerum gestarum pœnitere, vero gloriaretur *. En revanche, nous trouvons, sous l’empire, des. chapelles consacrées à la pudeur d’impératrices qui n'étaient rien moins que chastes. A cette époque, du reste, pudeur et chasteté se confondaient assez généralement en une seule et même chose décorative, comme il

1 Tite-Live, X, 23,

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