Genèse, XXII
-3 Samuel, XV.
« moi qui produis le bien et qui crée le mal; je suis le: « maître, qui ai tout fait. ! »
Si la Grèce, ajouterai-je ici en manière de corollaire, s'est élevée à peu près seule, entre tous les peuples de l'antiquité, à la vraie notion de la morale, et a pu trouver la voie véritable de l’homme personnel, c’est parce qu’elle. n’a pas eu de saintes Écritures, non plus que de sacerdoce d'État, ni de théologie dogmatique, ni de docteurs officiels, et qw’elle est restée libre en face du Divin infini, l’interrogeant et discutant ses oracles, sans s'inquiéter de la voix du Ciel qui eût pu lui dire, comme Jehovah aux Israëlites : « Gardez-vous d'approcher de la montagne, car quicon- « que dépassera les limites marquées, dans le désir de « voir le Seigneur, sera puni de mort *. » De cette liberté, mère et nourricière de vertu, sont nés l’art, la philosophie, la science, la morale, l’histoire. Ces grandes données de la vie consciente des peuples portent trop le caractère de l’initiative personnelle, pour qu’on ne soit pas surpris de n’en voir aucune trace marquée là où la liberté et, par conséquent, la personne demeurent étouffées sous l’écrasement - des formules autoritaires. Et c’est ce qui explique comment l’art vrai, celui qui a sa base dans la nature, dont 1l respecte les lois, tout en les idéalisant et les élevant à ce haut degré d'harmonie qui constitue le beau, ne date chez nous que du jour où la conscience individuelle commença à se dégager dans la masse du Catholicon. Quelque imposantes que soient, en effet, nos cathédrales gothiques, il n’en estpas moins vrai que le moyen âge, qui n’a pas su la véritable essence des choses, parce qu’il ne l’a point analysée, et qui n’a pas compris la personnalité libre de l’esprit humain, est resté au-dessous de l’antiquité grecque dans sa plastique et dans la synthèse de son architecture. Ce ne sont que griffons,