‹ Les origines de la religionChapitre 63 sur 219 · ER · texte numérisé non relu

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J, Eschyle, Agamemnon.

r. Enéide, VI, 78.

provoquée par les vapeurs du gouffre que surmontait le trépied d’or, était une condition sans laquelle elles n’eussent pas prophétisé. L'oracle était exhalé de leur sein dans le paroxysme d’une frénésie rabbique, comme l’odeur qui s'échappe de la plante. Le Divin passait pour quelque chose de si intimement lié à la nature, qu’il pouvait se transmettre avec le sang : les frères Alemæon et Amphiloque avaient hérité de la faculté prophétique d’Amphiaraos, leur père, et les Branchides se succédaient de père en fils auprès de l’oracle de Didymæon, non loin de Milet. Aux époques philosophiques il prit des formes plus abstraites ; pour une des plus grandes écoles, notamment, ce fut le Logos ou Verbe, dont il est dit au chapitre premier de l’évangile de saint Jean que c’est en nous qu’il s’est fait chair et qu'il habite : Verbum caro factum est et habitavit in nobris. Je sais bien qu’on traduit ces paroles autrement que je ne le fais ici etque l'Église les entend uniquement de l’incarnation de la deuxième personne de la Trinité et de son passage sur la terre. Il est aussi fort probable que l’auteur évangélique, quelque juif hellénisé à la facon de l'historien Joséphe, n’a pas eu d'autre pensée, en s’appropriant cette idée platonicienne du Logos , que de la corriger dans le sens des données du judaïsme sur la nature de la divinité en général. Le verset 9 de ce même chapitre premier paraît du moins l'indiquer. La vraie lumière, en effet, celle dont on enseignait, dans certaines écoles rationalistes, « qu’elle éclaire tout homme venant en ce monde », il ne faut pas, d’après ce verset, la chercher ailleurs que dans le Christ Jésus : c’est lui-même qui est cette lumière. Je suis donc tout disposé à admettre que le premier chapitre de saint Jean, jusqu’au verset 15, n’est qu’une sorte de métaphrase en l'honneur exclusivement de l’'Homme-Dieu ; mais cette métaphrase n’en confirme que mieux la priorité de l’acception dans le sens purement philosophique de tout le morceau, de sorte que l’on a, avec le Logos platonicien,

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