II. — MEMBRA DISJECTA air
une simple formule transcendante de la tradition aryenne sur la nature du Divin.
Le vrai Dieu de notre race , celui que M. Max Müller incarne successivement et à tour de rôle dans chacune des grandes dénominations du Panthéon védique et dont il se fait un argument pour prouver le monothéisme primitif des Aryas : le Dieu un, en effet, et seul véritablement un, celui qui est la source unique, non-seulement de toute vie extérieure, mais encore de toute vie morale, intelligence, sagesse, justice, amour, c’est un dieu qui, durant des siècles, est resté comme une sorte de deus ignotus et qui n’a d’autel que dans le cœur de l’homme ; c’est Panthée. Panthée est le Divin qui réside dans tout ce qui vit et se meut, dans les mortels comme dans les immortels. Quel est son nom dans les Védas ? Quel est-il chez les Grecs, chez les Romains, les Celtes, les Germains, les Slaves? Le Divin n’a de nom nulle part, mais il est présent partout, vivant avec tout ce qui vit. Il est la raison des rapports et la loi de toutes les associations ; il est l’esprit qui conçoit et l’amour qui enfante ; 1l est la justice, le droit, l'harmonie, le vrai, le beau et le bien. Il est le créateur et le modérateur de toutes choses, car en dehors de la raison, de la justice, de l'amour, qu’y a-t-il ? Rien : le faux, le laid, le mal sont exclus de la notion de l'être.
Dès les Védas, ce Dieu innomé commence à se dessiner en traits assez accentués pour que des savants aient cru voir en lui ce qu’il n’y à jamais eu, une personnalité libre et indépendante du genre de celle du Jehovah biblique. Le Brahmanaspati, qualifié de père des dieux, n’est, en effet, que l’énergie de la prièreet du sacrifice, d’où les dieux tiraient toute leur force: idée vraiment grande en ce qu’elle fait du sacrifice le principe même de la vie, ce qu’il est effectivement dans le sens rigoureux du mot. Le Brahma est d’abord quelque chose de neutre, qui n’a de substance que celle qu’il affecte dans l’infinie